Analyse
La Belgique rétrogradée par Standard & Poor’s il y a 5 ans - lundi 28 novembre 2011

Avant même la décision de Standard & Poor’s, les taux belges à long terme s'étaient déjà envolés vers les 6 %. Une opportunité que l’investisseur peut exploiter à travers les bons d’Etat disponibles sur le marché secondaire.

Vendredi soir, l’agence de rating Standard & Poor’s a baissé d’un cran la notation financière de la Belgique, de AA+ à AA, et a maintenu une perspective négative. La note pourrait donc encore être abaissée s’il devait y avoir une nouvelle révision. Et les raisons ne manquent pas. Le risque que l’Etat doive secourir encore les banques a en effet augmenté et les garanties qu’il a déjà apportées sont une épée de Damoclès sur les finances publiques belges. Les perspectives économiques sont également moroses : notre croissance dépend beaucoup des exportations, qui souffriront du ralentissement économique dans la zone euro. Enfin, le blocage politique a, jusqu’ici, empêché de prendre les mesures qui s’imposent pour améliorer la croissance et réduire les déficits. Sur ce dernier point, les choses se sont accélérées puisque nos politiques ont conclu le week-end dernier un accord budgétaire. Ce n’est bien sûr qu’une première étape, mais il était temps ! D’ailleurs, avant même la décision de Standard & Poor’s, les taux belges, épargnés jusqu’il y a peu, s’étaient déjà envolés, au point d’approcher, pour les échéances à dix ans, la zone des 6 %.

Une telle hausse n’est assurément pas une bonne nouvelle car elle renchérit l’endettement de l’Etat belge, proche de 100 % du PIB. Ce surcoût doit néanmoins être relativisé : sur une dette totale de 356 milliards d’euros, l’Etat ne doit en financer que quelques uns d’ici la fin de l’année, l’essentiel des besoins 2011 étant déjà couvert. Globalement, la hausse des taux n’aura donc qu’un impact limité sur le coût de l’endettement des pouvoirs publics cette année. Bien entendu, si les taux continuent de grimper, l’impact finira par peser sur le montant total des intérêts à honorer chaque année. En 2012, en plus du déficit public, l’Etat devra financer le remboursement de 30 milliards de dettes arrivés à échéance. Budgétisé jusqu’ici à un taux de 4 %, ce financement se fera vraisemblablement à un taux supérieur.

Et c’est cette perspective de la fin de l’argent bon marché qui inquiète, car fondamentalement, la hausse des taux des derniers jours n’est pas anormale. Alors que l’inflation est supérieure à 3 % et a même atteint 4 % en juillet, que le dynamisme économique ralentit et que l’exposition de l’Etat aux déboires du secteur bancaire (Dexia) augmente, ce sont les taux d’intérêt des derniers mois, autour de  %, qui étaient anormalement bas. La réaction des marchés ne résulte donc pas d’une fuite panique des investisseurs, mais bien d’une prise en compte de la difficile réalité belge.

Dans l’immédiat, il reste au pouvoir politique à tout mettre en œuvre pour que la hausse des taux d’intérêt belges ne dégénère pas en une crise de confiance des investisseurs à l’égard de la Belgique. Et pour cela, il n’y a qu’une solution : après avoir conclu l’accord budgétaire de ce week-end, il faut que nos politiques mettent en place un gouvernement et adoptent rapidement les mesures, afin d’améliorer réellement les perspectives financières du pays.

Pour l’investisseur, la hausse des taux constitue une opportunité qu’il peut exploiter à travers les bons d’Etat. Non pas ceux qui sont émis actuellement, et dont le rendement ne tient pas compte de la hausse récente des taux, mais ceux qu’on peut trouver sur le marché secondaire. Lisez nos commentaires


Bien sûr, le risque lié à l’Etat belge a augmenté, mais le risque que la Belgique ne puisse rembourser ses dettes aujourd’hui est très faible. Vous pouvez donc y souscrire, dans la limite de la part en euro d’un portefeuille diversifié. Autrement dit, ne perdez pas de vue nos conseils, par ailleurs, en sicav d’obligations en couronne suédoise et danoise et en dollar canadien. Des devises de pays aux finances publiques saines qui offriront une belle résistance si la situation dans la zone euro s’aggrave encore.
Utilisez nos sélecteurs de sicav.

 

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