Analyse
La semaine économique il y a 6 ans - mardi 22 novembre 2011

Malgré la mise en place de nouveaux gouvernements à Athènes et Rome, la crise de la dette souveraine européenne prend une tournure de plus en plus délicate.

La situation de la zone euro s’aggrave

La crise de la dette souveraine de la zone euro fait tache d’huile. Après les pays de la périphérie, ce sont désormais les pays du centre de la zone euro à voir leur capacité à honorer leurs obligations mise en doute. Certains d’entre eux bénéficient pourtant d’une note AAA. Les Pays-Bas, la Finlande et l’Autriche, jugés jusqu’ici parmi les plus sûrs d’Europe, ont ainsi vu le différentiel entre leur dette et celle de l’Allemagne fortement grimper. C’est aussi le cas de la France qui, en milieu de semaine, a dû se financer à du 3,8 %, alors que l’Allemagne ne payait que 1,8 %.
La contagion s’est aussi étendue à la Belgique, où les taux à dix ans ont dépassé les 5 % pour la première fois depuis 2008, et bien entendu, aux pays périphériques comme l’Espagne, obligée de payer près de 7 %.

 
Malgré les bonnes performances trimestrielles de l’Allemagne (+0,5 %) et de la France (+0,4 %), la zone euro affiche une faible croissance de 0,2 % face au trimestre précédent. Il faut dire que certains pays peinent à sortir la tête hors de l’eau, comme le Portugal, qui affiche un repli trimestriel de 0,4 %, et l’Espagne, dont l’économie stagne face au trimestre précédent. Malheureusement, cette méforme n’empêche pas l’inflation de progresser. Pour le mois d’octobre, elle a été confirmée à 3 % en rythme annuel, un niveau supérieur aux objectifs de la Banque centrale européenne. Face à cette conjoncture difficile, l’Europe devrait entrer en récession dans les trimestres à venir.

 

Les ménages britanniques en mauvaise posture

A 8,3 %, le taux de chômage britannique est au plus haut depuis 1996. Si l’économie a progressé de 0,5 % au troisième trimestre, cette accélération de l’activité n’a pas suffi à redynamiser le marché de l’emploi, ainsi que les salaires dont la progression annuelle a été de 1,7 %. Or, malgré un léger recul, l’inflation était de 5 % en octobre. Les ménages britanniques connaissent donc une forte érosion de leur pouvoir d’achat qui ne leur permet pas d’accélérer leurs dépenses, d’autant plus que leur taux d’épargne compte parmi les plus faibles d’Europe. Autant de facteurs qui ne laissent pas anticiper un rebond de la demande intérieure. Hélas, les perspectives ne sont guère meilleures pour les exportations car si la livre faible permet aux exportateurs de retrouver leur compétitivité, l’Europe, principal marché d’exportation, connaît elle aussi un net ralentissement. Autant de facteurs qui devraient pousser la Banque d’Angleterre à faire tourner encore la planche à billets.


Croissance trimestrielle de 1,5 % au Japon

Après avoir fait preuve d’une grande prudence au deuxième trimestre, dans le sillage du séisme et du tsunami, les ménages nippons ont dépensé davantage au troisième trimestre. L’économie a aussi profité de l’expansion des exportations, la première en 2011. Si l’effort de reconstruction devrait soutenir l’activité dans les trimestres à venir, l’économie devrait par contre souffrir de la cherté du yen (qui pèsera sur les exportateurs) et du ralentissement mondial.

 

Et vos placements ?

La crise de la zone euro et le spectre d’une récession en Europe rappellent l’intérêt de posséder un portefeuille diversifié composé d’actifs issus de différentes régions et libellés en devises autres que l’euro. Pour l’obligataire, les pays peu endettés et possédant des finances saines continuent de mériter notre confiance : la Suède, le Danemark et le Canada en font partie.
Nous restons par contre à l’écart de l’obligataire britannique dont les rendements sont largement insuffisants au vu de la situation financière et de l’inflation.
Vu les perspectives moroses, nous restons également à l’écart de tout investissement au Japon.


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