Analyse
L’Islande voit-elle la fin du tunnel ? il y a 5 ans - mercredi 2 novembre 2011

Les choses vont-elles vraiment mieux en Islande. Le pays est-il guéri de la crise bancaire de 2008 ? Et comment se porte la couronne islandaise ?

Stabilisation

L’économie islandaise est effectivement en amélioration et se stabilise ces derniers trimestres. Pour cette année, le FMI table sur une croissance de 2,5 %. La débâcle économique qu’on craignait après l’implosion du système bancaire du pays, a été évitée.
En 2009, le PIB a reculé de 6,8 % et en 2010 l’économie s’est contractée de 4,5 % supplémentaires. Le pays vient cependant d’achever un programme FMI d’une durée de 33 mois, par lequel il a perçu un soutien de quelques milliards d’euros. Il a ainsi pu refinancer son secteur bancaire et placer ses dépenses publiques sous contrôle. En juin de cette année, le pays a à nouveau pu faire appel au marché international des capitaux, en plaçant une obligation. C’est le signe que la nation islandaise bénéficie à nouveau d’une certaine confiance de la part de l’étranger. Le coût à consentir pour assurer la garantie d’un éventuel défaut de paiement est d’ailleurs à présent moins élevé pour l’Islande que pour les pays périphériques de la zone euro.

 

L’Islande a tiré parti d’une forte dépréciation de sa devise, qui a profité à ses exportations (pêche, aluminium). Un avantage dont ne peut bénéficier la Grèce, qui n’a de toute façon que peu de biens à exporter. De plus, les principaux partenaires commerciaux de l’Islande (les pays scandinaves) ont connu une belle croissance, de sorte que la demande est restée soutenue.

 

Inflation

Si le pays est stabilisé, cela ne signifie pas pour autant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le PIB est toujours de 8 % inférieur à son niveau de début 2008 et l’indice boursier national reste de plus de 90 % en dessous de ses sommets.

 

Le secteur privé et le consommateur, confrontés à un chômage toujours élevé, sont toujours à la peine. Leurs dettes restent élevées et le secteur bancaire ne prête plus facilement. Par ailleurs, l’inflation est en hausse : en septembre, elle a atteint 5,7 % (base annuelle). La hausse des salaires et des importations en est la cause. Aussi, en août dernier, pour la première fois depuis l’éclatement de la crise, la banque centrale a-t-elle relevé ses taux. Et d’autres hausses sont à prévoir, ce qui n’est pas une très bonne recette pour une économie qui cherche à se restaurer.

 

En outre, l’absence d’un accord concernant Icesave est toujours un nuage dans le ciel islandais. L’Islande doit payer plus de 4 milliards d’euros au Royaume-Uni et aux Pays-Bas pour les épargnes perdues suite au dépôt de bilan de Landesbanki, la deuxième grande banque du pays, en 2008.

 

Et la couronne ?

En octobre 2008, la couronne islandaise s’est effondrée face à l’euro et a perdu 50 % de sa valeur. Les échanges sur la devise ont été paralysés et le pays a exercé un contrôle sur les capitaux pour éviter une nouvelle dépréciation. La libre négociation de la couronne a été abandonnée. Ce contrôle permet de retenir 3 milliards d’actifs dans le pays et d’empêcher l’étranger de rapatrier. Ces actifs contiennent notamment bon nombre d’emprunts d’Etat islandais. En 2013, le pays devrait pouvoir commencer à assouplir ce contrôle, mais sans toutefois permettre le retour au libre échange. Il faut a tout prix éviter que le pays soient la proie des spéculateurs.

 

Le cours de change de la couronne a fluctué ces derniers mois entre 151 et 169 ISK pour 1 euro. Mais selon les brokers, la devise est très peu demandée et très volatile. Il n’y a toujours pas de normalisation et les échanges sont difficiles. Aucune amélioration rapide n’est attendue sur ce front. Mieux vaut donc éviter cette devise. A terme, d’ailleurs, elle risque de disparaître, si l’Islande rejoint l’Union européenne et opte pour l’euro.

 

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