Analyse
2012, l’année de tous les dangers il y a 5 ans - vendredi 30 décembre 2011

Europe qui replonge en récession, économie américaine peu dynamique, sphère émergente qui ralentit : les prochains trimestres s'annoncent moroses.

La faible conjoncture pourrait encore se détériorer si plusieurs éléments menaçant l’économie mondiale devaient se concrétiser.

 

La crise en Europe

Sans parler d’un éclatement de la zone euro qui créerait un séisme financier et économique planétaire, une simple aggravation de la situation en Europe affecterait durement la croissance mondiale. Avec le retour de la récession dans la zone euro en 2012, l’équation budgétaire sera encore plus difficile à résoudre et nécessitera plus d’austérité. Partout dans le monde, les autorités politiques et monétaires constatent d’ores et déjà les effets néfastes de cette crise sur leurs exportations vers la zone euro et le recul des investissements. Si la récession européenne devait être plus prononcée que le scénario central actuel (qui ne prévoit que quelques trimestres de faibles reculs de l’activité économique), la crise de la dette s’accentuera et la croissance mondiale encaissera inévitablement un coup d’arrêt. Tous les éléments seraient alors réunis pour la réalisation du scénario catastrophe où la crise de la dette plombe l’activité économique et où la récession attise les problèmes budgétaires. Une fois enclenché, cet enchaînement destructeur sera très difficile à briser.

 

La reprise américaine déraille

Les derniers chiffres en provenance des Etats-Unis, plutôt rassurants, renvoient l’image d’une économie qui se redresse et crée de nouveaux emplois. C’est pourquoi le retour de la récession est exclu outre-Atlantique. La croissance restera modeste, mais positive grâce aux exportations et à la consommation. Ce scénario est toutefois fragile. L’amélioration du marché du travail reste très timide et le taux de chômage est à un niveau historiquement élevé. Moteur de la reprise, la production industrielle est dynamisée par les exportations. Mais un ralentissement mondial plus prononcé, une appréciation trop brusque du dollar ou la multiplication des entraves commerciales dans un monde tenté par le protectionnisme mettrait à mal cette dynamique. Enfin, alors que l’indispensable ajustement budgétaire est impossible en 2012 avec l’élection présidentielle de novembre, les Etats-Unis pourraient être rattrapés par la question des finances publiques. Si l’économie américaine semble tenir le bon cap, il ne faudrait pas grand-chose pour la faire dévier.

 

L’accident émergent

Depuis 2008, c’est la sphère émergente qui dynamise l’économie mondiale. Face à la récession, les pays émergents ont multiplié les mesures de relance budgétaire et assoupli leur politique monétaire. Cela leur a permis de traverser la crise sans heurts et de rester dynamiques. Mais cette politique a créé des déséquilibres et aujourd’hui, les déficits budgétaires et les ratios d’endettement sont moins favorables. Hormis certains pays comme la Chine, qui dégage un gros surplus commercial, les marges de manœuvre sont limitées. Et les pays qui, à l’image du Brésil, prônent résolument des politiques budgétaires expansionnistes, s’engagent sur une voie hasardeuse. Au niveau monétaire, l’assouplissement de 2008 a provoqué une forte inflation difficile à contenir et une explosion malsaine du crédit. Les autorités doivent donc être plus mesurées dans leur action. D’autant plus que les taux d’intérêt réels restent inférieurs à leur niveau d’avant 2008 et que des bulles, comme dans l’immobilier chinois, existent déjà.

 

Plongeon dans l’inconnu

2012 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. La conjoncture mondiale faible, menacée par la crise de la dette européenne, ne pourra pas compter sur le dynamisme américain pour sortir de l’ornière et est tributaire d’une sphère émergente qui ne rassure pas totalement. En outre, le facteur politique ne sera pas à négliger, à l’instar du nucléaire iranien. Un calendrier électoral chargé, avec en point d’orgue le 18ème Congrès du Parti communiste chinois et l’élection présidentielle aux Etats-Unis, constituera une autre source d’incertitudes. Mais aussi noir soit le tableau dressé pour les prochains trimestres, il ne faut pas sombrer dans la sinistrose. L’économie et les marchés financiers peuvent nous réserver l’une ou l’autre bonne surprise. Et vous pourrez compter sur nous pour vous aider à faire fructifier au mieux vos investissements.

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