Analyse
La Banque Centrale Européenne sert-elle de refuge ? il y a 5 ans - mercredi 25 janvier 2012

Ces dernières semaines, pas mal de banques européennes versent des montants record à la Banque Centrale Européenne (BCE). Pourquoi ? S’agit-il d’un signe alarmiste ?

Crainte

Ces dernières semaines, des banques commerciales ont déposé un total d’environ 500 milliards d’euros auprès de la BCE. Un niveau record. Elles reçoivent en rémunération le maigre taux de 0,25 %. Le rendement de ces dépôts n’en est donc pas la motivation. Le phénomène est cependant le signe que la tension reste palpable sur le marché interbancaire (sur lequel les banques empruntent entre elles et se rémunèrent à des taux plus élevés que 0,25 %). Les banques préfèrent déposer leurs liquidités en sécurité auprès de la BCE plutôt que de les prêter à d’autres banques, par crainte de défauts de remboursement.

Profusion

Selon certains, il s’agit du signe qu’il y a des liquidités à profusion dans le système bancaire européen. La BCE a ouvert les vannes ces derniers mois et offert aux banques un accès facile aux liquidités, pour injecter de l’argent dans l’économie et inciter les banques à octroyer plus facilement des crédits. Mais les banques semblent au contraire opter pour un placement de leurs liquidités auprès de la BCE. En d’autres mots, l’argent injecté ne circulerait pas vraiment dans l’économie. Le président de la BCE, Mario Draghi conteste néanmoins cette vision des choses et a déclaré que les banques qui empruntent auprès de la BCE ne sont pas les mêmes que celles qui y font des dépôts. En outre les banques s’occupant ces temps-ci de réduire leur bilan (et les risques), elles doivent constituer moins de réserves. Elles devraient être à même de prêter davantage, mais ne le font pas assez.

Pas sain

La vérité est sans doute au milieu de ces diverses raisons. Mais une chose est sûre : le système bancaire européen semble toujours instable. Tant que les banques ne se feront pas confiance entre elles, le flux vers le BCE ne se tarira pas. Et le phénomène démontre que les récentes mesures de la BCE ont des effets secondaires indésirables, qui ne conduisent pas vraiment à une amélioration de la situation.


Partagez cet article