Analyse
A quel marché se fier ? il y a 5 ans - jeudi 16 février 2012

Les investisseurs ne sont pas persuadés d’être au bout du tunnel.

En ce début d’année, les chiffres américains encourageants et l’éloignement d’un scénario d’éclatement de la zone euro ont soufflé un vent de confiance sur les Bourses. Sur les marchés obligataires, si les taux sur les dettes italienne et espagnole ont baissé, des pays jugés sûrs comme l’Allemagne ou les Etats-Unis continuent de se financer à des taux d’intérêt proches des minima historiques, preuve que les investisseurs ne sont pas persuadés d’être au bout du tunnel.

Normalement, le bonheur de l’obligataire fait le malheur du boursier, et vice-versa. En période de forte croissance et de risque inflationniste accru, les investisseurs délaissent les obligations et s’orientant vers les actions. En période de crise, quand l’inflation se fait moins menaçante et les bénéfices sont réduits, l’obligataire est recherché au détriment des Bourses. Mais aujourd’hui, les deux marchés se portent bien ! La surabondance de liquidités n’y est sans doute pas étrangère. L’injection par la BCE de près de 500 milliards d’euros dans le système financier a offert au secteur bancaire de quoi donner de l’air aux différents marchés. Et ce n’est pas fini. Le 29 février, la BCE procèdera à une nouvelle injection de capitaux, dont les montants pourraient être plus élevés encore. Dès lors, la bonne performance simultanée des marchés boursiers et obligataires pourrait encore durer quelques mois. Mais tôt ou tard, les fondamentaux reviendront sur les devants de la scène.

Aujourd’hui, suite à l’aversion croissante au risque manifestée par les investisseurs en 2011, les actions apparaissent assez bon marché par rapport aux obligations, mais les choses peuvent vite évoluer. Si l’économie redémarre, les détenteurs obligataires qui parient sur une longue période de crise et de déflation risquent de voir se creuser leurs pertes. Par contre, si l’économie mondiale replonge en récession, les marchés boursiers devront revoir à la baisse leurs espoirs de gains.

La diversification reste donc de mise. Même si nous avons commencé à acheter quelques valeurs plus cycliques, trop matraquées, nous privilégions toujours les secteurs défensifs.

Côté obligataire, nous parions sur une diversification hors de la zone euro dans des pays disposant de devises pas chères et d’une situation financière solide. La Suède, le Canada, la Pologne et le Danemark en font partie.

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