Analyse
La planche à billets tourne au Royaume-Uni il y a 5 ans - mardi 14 février 2012

La Banque d’Angleterre annonce l’expansion de son programme de création de liquidités. C’est son troisième round monétaire. Il porte le montant total imprimé depuis 2009 à 325 milliards de livres sterling.

Le succès de cette immense vague de création monétaire varie selon l’optique adoptée.

Dans une logique de financement de l’Etat, l’intervention de la Banque d’Angleterre est un succès. Si le pays faisait part de la zone euro, il y a fort à parier que l’ampleur des déficits budgétaires (qui ont allègrement dépassé les 11 % du PIB en 2009 et les 10 % en 2010), aurait placé le Royaume-Uni parmi les pays problématiques, poussant vers les sommets les rendements que le pays serait forcé de payer pour se financer. Mais il n’est est rien. Grâce à l’intervention de la Banque d’Angleterre et aux achats des banques anglaises – forcées d’acheter de la dette d’Etat britannique - le Trésor de Sa Majesté se finance à des conditions particulièrement intéressantes.

Par contre, le bilan est moins flatteur lorsqu’on analyse la capacité de ces interventions à faire repartir l’économie. Dans un premier temps, l’affaiblissement de la livre qui avait accompagné cette création de liquidités avait permis aux exportateurs britanniques de repartir de l’avant. Mais le ralentissement de l’économie européenne et l’affaiblissement de l’euro ont rapidement freiné cette tendance. En pleine austérité et comptant des ménages parmi les plus endettés au monde, le Royaume-Uni a du mal à repartir. L’économie britannique, en contraction au dernier trimestre 2011, risque de se trouver déjà en récession.

Néanmoins, si les perspectives de croissance ne sont pas brillantes, nos atteintes de croissance en tiennent compte et la bourse de Londres nous semble toujours excessivement pénalisée. Nous restons donc à l’achat sur les actions britanniques

 

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