Analyse
La Pologne sur la bonne voie il y a 5 ans - mercredi 22 février 2012

Tandis que l’Europe fait grise mine, la Pologne affiche une croissance de plus de 4 % sur les trois premiers trimestres 2011. Même si elle devrait faire moins bien en 2012, elle devrait échapper à la récession. Intéressant ?

Dynamique de croissance particulière

Si l’économie mondiale vit des années difficiles, la Pologne s’en sort plutôt bien avec une croissance moyenne de 3,6 % depuis 2008. A l'inverse de beaucoup d’autres pays, elle a en effet vécu une période d’industrialisation et ainsi vu la part de l’industrie dans le PIB passer de 30 à 35 % ces dernières années grâce, surtout, aux investissements étrangers. Voisine de l’Allemagne, et donc bien placée pour alimenter les marchés du centre de l’Europe, la Pologne bénéficie en effet aussi d’une main-d’œuvre moins chère que la main-d'œuvre allemande et affiche des gains de productivité impressionnants (4 % par an en moyenne depuis 1994).

 

De tels gains de productivité permettent à leur tour une belle progression des salaires sans que cela ne génère des pertes de compétitivité et c’est donc tout naturellement que le revenu disponible des ménages a également augmenté d’un peu plus de 4 % par an depuis 2007.

 

Ce dynamisme améliore en outre le marché du travail. Affichant jadis le taux de chômage le plus élevé d’Europe (18 % en 2005), la Pologne a connu une nette amélioration de cet indicateur qui, à 9,9 % en décembre, est désormais légèrement inférieur à la moyenne européenne. Et bien sûr, qui dit salaires en hausse et taux de chômage en recul, dit consommation accrue des ménages, laquelle, à 60 % du PIB, reste une des pierres angulaires de l’économie du pays.

Deuxième semestre 2011 difficile

Cette belle dynamique n’a hélas pas empêché la Bourse de Varsovie et le zloty polonais de vivre un deuxième semestre 2011 assez difficile. Inquiète de l’inflation, qui a connu un pic à 5 % au printemps, la Banque centrale polonaise a ainsi relevé ses taux directeurs à quatre reprises au premier semestre. Très vite, les marchés ont pris peur, craignant un atterrissage en catastrophe d’une économie qui souffrait aussi de la détérioration de la conjoncture en Europe. A cela se sont encore ajoutées les craintes de dérapage budgétaire à un moment où la zone euro sombrait dans la crise de la dette souveraine et où la Hongrie faisait douter les marchés. Le deuxième semestre a donc été néfaste, la Bourse de Varsovie perdant 20 % de sa valeur pendant que le zloty se dépréciait de 10 % par rapport à l’euro.

Belles perspectives

Les marchés se sont toutefois rapidement ravisés. A 55 % du PIB fin 2011, la dette publique est restée contenue et la loi fondamentale du pays prévoit des freins automatiques empêchant les autorités de laisser filer ce chiffre. De plus, suite à sa réélection au poste de Premier ministre, Donald Tusk s’est voulu rassurant et un léger recul de la dette publique dès cette année semble possible.

 

Du côté de l'inflation, celle-ci est retombée à 4,1 % en janvier et la Banque centrale ne devrait donc plus relever ses taux directeurs. Mieux, à leur niveau actuel (4,5 %), elle dispose même d'une marge de manœuvre confortable pour les baisser le cas échéant et soutenir ainsi son économie.

 

Enfin, par rapport à une zone euro déjà en récession, la Pologne présente des perspectives de croissance intéressantes. De quoi redonner des couleurs à la Bourse de Varsovie, d’autant que les injections massives de capitaux dans le système bancaire par la Banque centrale européenne et la promesse de taux directeurs à un niveau proche de zéro jusque fin 2014 aux Etats-Unis ont fini par rassurer les marchés.

De beaux atouts

Après une hausse de 7 % en 2012, le zloty est aujourd'hui proche de sa juste valeur par rapport à l’euro. Si son potentiel d’appréciation par rapport à la monnaie unique s'en trouve réduit, les actifs financiers n'en possèdent pas moins toujours de beaux atouts à faire valoir auprès des investisseurs.

Côté obligations

Les rendements offerts par la Pologne – environ 5 % à 5 ans et 5,5 % à 10 ans – sont plutôt généreux par rapport à ceux d’autres pays aux finances saines. Au vu de ce rapport risque/rendement assez favorable, les obligations polonaises méritent selon nous une place dans votre portefeuille à hauteur de 5 %. Nous recommandons une sicav d’obligations en zloty, et plus précisément KBC Renta Zlotyrenta. Pour des raisons fiscales, préférez les parts de distribution.

Côté actions

La Bourse polonaise devrait encore profiter du dynamisme relatif de l’économie locale. Pas chère, elle représente une diversification intéressante à long terme pour les investisseurs qui acceptent un risque élevé (10 % du portefeuille). Nous vous recommandons ici le tracker coté en Bourse de New York iShares MSCI Poland (code ISIN : US46429B6065, ticker : EPOL).

 

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