Analyse
La semaine économique il y a 5 ans - mardi 7 février 2012

L'Europe et la Belgique s’enfoncent, les USA gardent le bon cap.

 

L’Europe et la Belgique s’enfoncent dans la crise

Les dernières statistiques en provenance de la zone euro sont alarmistes et annoncent pour 2012 le retour de la crise économique. A 10,4 % de la population active en décembre, le taux de chômage n’a jamais été aussi élevé. 16,5 millions d’Européens sont à la recherche d’un emploi. Avec un taux de chômage de respectivement 22,9 % et 19,2 %, la situation est particulièrement dramatique en Espagne et en Grèce.
Au niveau des classes d’âge, les jeunes de moins de 25 ans sont les premières victimes de la crise, avec un taux de chômage de 21,3 % pour l’ensemble de la zone euro. Ce chômage pénalise la consommation et le volume des ventes de détail a encore reculé de 0,4 % entre novembre et décembre. Sur un an, les ventes ont chuté de 1,6 %.
La faiblesse de la demande domestique se répercute sur l’activité économique et la récession est, comme prévu, bel et bien de retour. Après avoir cédé 0,1 % au troisième trimestre, le PIB belge a de nouveau baissé de 0,2 % au quatrième trimestre 2011. La Belgique est donc entrée en récession. D’autres pays de la zone euro entreront officiellement en récession ces prochaines semaines. Et alors que l’activité économique de l’ensemble de la zone euro avait à peine progressé de 0,2 % au trsoisème trimestre 2011, elle devrait au mieux stagner au quatrième, un recul du PIB n’étant pas à exclure.

 

L’économie américaine garde le bon cap

Mois après mois, l’économie américaine continue de se renforcer. En janvier, 243 000 postes de travail ont été créés. Les chiffres de novembre et décembre ont en outre été revus à la hausse. L’économie américaine n’avait plus créé autant de postes de travail depuis avril 2011. Le taux de chômage est tombé à 8,3 %, contre 8,5 % en décembre et 9,1 % en août dernier. Lente à se mettre en place, cette amélioration du marché du travail permet l’enclenchement d’un cercle vertueux. Les créations d’emplois débouchent sur une hausse des revenus des ménages, déjà en hausse de 0,5 % en décembre et qui continueront d’augmenter début 2012.
Et si les consommateurs ont toujours le moral fragile, comme en témoigne le recul de leur confiance en janvier, c’est une évolution très positive. A défaut de consommer massivement comme avant la crise, les Américains mettent à profit la hausse de leurs revenus pour augmenter leur taux d’épargne et restaurer leur santé financière. C’est une évolution souhaitable qui pénalise aujourd’hui l’activité économique, mais consolide la reprise et permettra de surmonter un éventuel contretemps demain. L’industrie s’améliore elle aussi : l’indice ISM indique un secteur manufacturier en croissance et le bond des nouvelles commandes annonce une poursuite de cette reprise.

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