Analyse
Le Japon dans le rouge il y a 5 ans - mercredi 1 février 2012

En 2011, pour la première fois depuis 1980, la balance commerciale japonaise a été déficitaire. Un comble pour un pays dont la croissance dépend beaucoup des exportations. Le séisme et le tsunami y sont pour beaucoup. Mais la cherté du yen aussi.

Manufacture à la peine

La base industrielle japonaise est en déclin. Certes, elle a fort souffert de la catastrophe de mars 2011. Mais elle a d’autres soucis. D’une part, la concurrence de la Corée du Sud et de la Chine, qui monte en puissance. D’autre part, le yen, qui a atteint des niveaux très élevés : depuis 2008, il a gagné plus de 40 % face au dollar et 65 % face à l’euro. Cela pèse évidemment sur la compétitivité du pays (malgré la baisse des coûts du travail), ainsi que sur les investissements (les entreprises souhaitant rester compétitives doivent s’installer ailleurs). Les grands noms de l’industrie nippone mettent bien sûr tout en œuvre pour soutenir leurs marges bénéficiaires. Mais le label «Made in Japan», qui a fait du pays la deuxième puissance économique mondiale jusqu’en 2009, s’érode d’une manière continue et de plus en plus irréversible.

 

Exporter pour croître

Cette dernière décennie, le pays a été confronté à un marché intérieur stagnant. C’est donc largement grâce aux exportations qu’il a continué de croître. Et cela ne devrait pas changer de sitôt : l’Etat envisage en effet de faire passer la TVA à 10 % d’ici 2015 (contre 5 % actuellement). La mesure va affecter encore la demande des ménages et rendre le pays plus dépendant encore des exportations, mais semble inévitable si on considère la situation financière du pays : en 2011, la dette publique a frôlé les 212 % du PIB et pour 2012 et 2013, on craint des déficits budgétaires de l’ordre de 9 % du PIB. Même si le pays compte toujours sur son énorme réservoir d’épargne pour se financer à bon prix, il doit agir. L’avenir s’annonce difficile. Seul l’effort de reconstruction, suite à la catastrophe de mars, permet d’espérer mieux en 2012.

 

Danger !

La base industrielle a été jusqu’ici le fleuron de l’économie nippone. La poursuite de son érosion serait synonyme de déclin douloureux, d’autant qu’elle s’accompagne de la montée en puissance du rival chinois. Le yen renchérit les produits nippons, mais aussi les actifs financiers du pays.

 

Evitez les obligations d’Etat japonais ainsi que la Bourse de Tokyo.

 

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