Analyse
IIF : lobby pour le secteur financier il y a 5 ans - jeudi 1 mars 2012

Lors des négociations pour la Grèce, un des acteurs était l’Institute of International Finance (IIF). Cette institution, très peu connue du grand public, s’occupe de défendre les intérêts du secteur bancaire lors de restructurations de dettes, mais pas uniquement.

Création

L’Institute of International Finance (www.iif.com) a été créé en 1983 par 38 institutions bancaires du monde industrialisé, pour faire face à la crise de la dette des années 80. A l’époque, des pays d’Amérique du Sud (Brésil, Argentine et surtout Mexique), étaient incapables d’assumer leurs obligations financières. Il s’agissait donc de négocier avec les banques des restructurations de leurs dettes. Les banques concernées se sont alors rassemblées, pour mieux se défendre.

 

Par la suite, l’IIF a aussi joué un rôle dans la crise asiatique de 1997, qui éclata lorsque s’effondra la devise thaïlandaise, incitant bien des investisseurs à rapatrier leurs capitaux.

 

Autres activités

Au fil des années, l’institut a diversifié ses activités et est devenu le lobby le plus important du secteur bancaire. L’IIF rassemble aujourd’hui 450 banques, dans 70 pays. La moitié de ses membres sont européens. Toutes les institutions financières un tant soit peu actives sur le marché international en font partie. Ces dernières années, de plus en plus d’assureurs se sont aussi affiliés. L’IIF est dirigé par Josef Ackermann, l’actuel CEO de la Deutsche Bank.

 

Une importante activité de l’IIF est la publication de rapports et de nouvelles relatives aux marchés émergents, et de questions qui touchent le monde de la finance. Sur le site de l’institut, ces informations sont cependant réservées aux membres. L’IIF a aussi pour objectif de peser de tout son poids sur tous les points stratégiques d’importance pour le secteur financier. Un autre objectif : favoriser l’efficacité, la transparence et la stabilité du secteur financier.
Force est cependant de constater que, ces dernières années, ce dernier objectif n’a pas été rencontré…

 

Le cas de la Grèce

L’activité principale de l’institut reste cependant focalisée sur le règlement de gros problèmes de dettes. L’IIF participe dans ce but aux négociations pour le problème de la Grèce. Car bon nombre d’institutions, surtout européennes, ont en portefeuille des emprunts de l’Etat grec. Le nouvel accord européen relatif à la Grèce  a donc été négocié en collaboration avec l’IIF. L’IIF y représentait les intérêts des détenteurs privés de la dette grecque. La principale remarque de l’IIF après la signature de l’accord a été de dire que «l’accord permettrait d’empêcher un défaut de paiement non contrôlé de la Grèce». Cela ne signifie pas pour autant que toutes les banques membres de l’IIF vont signer l’accord et accepter la restructuration…

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