Analyse
La Hongrie à nouveau sous pression il y a 5 ans - mercredi 28 mars 2012

Face aux rendements réduits offerts actuellement aux investisseurs, la Hongrie est-elle une bonne affaire ?

Des taux d’intérêt de l’ordre de 9 % à 5 ans pour les obligations de l’Etat hongrois…. Face aux rendements fort réduits offerts actuellement aux investisseurs, la Hongrie pourrait ressembler à une excellente affaire. Hélas, les risques sont de taille.


La Hongrie, un des premiers pays à avoir obtenu une ligne de crédit du Fonds Monétaire International aux lendemains de la crise financière en 2008, a vu son gouvernement refuser de prolonger ce crédit en 2010. Une question de souveraineté, selon Budapest, qui souhaite garder les mains libres pour ses politiques économiques et financières peu orthodoxes…

Les résultats sont désastreux.

 

Certes, en 2012, la dette publique ne devrait pas dépasser les 77 % du PIB. Mais c’est surtout grâce à la nationalisation des fonds de pension privés, qui ont gonflé les coffres de l’Etat. Mais cette mainmise du pouvoir politique sur l’économie, et la remise en question de l’indépendance de la banque centrale et du pouvoir judiciaire n’ont pas rassuré les investisseurs.

Les obligations d’Etat sont devenues des investissements spéculatifs aux yeux des agences de rating. Les injections massives de liquidités dans le système financier par la Banque centrale européenne ont certes dopé les cours des actifs en tous genres, l’obligataire d’Etat et le forint (+8 % depuis début 2012). Mais les mauvaises nouvelles prennent le dessus. En l’absence d’un accord avec le FMI et l’Union européenne, la Hongrie s’enfonce à nouveau. Incapable de résister à la crise qui sévit en Europe (son principal partenaire commercial), elle maintient son taux directeur à 7 %, pour soutenir le forint. Le pays semble aller tout droit vers la récession et est un pari très risqué.

Si les taux sont alléchants, rien ne permet de dire que le gouvernement hongrois, en conflit avec l’Europe et le FMI depuis des mois, sera en mesure de rassurer et d’obtenir les fonds qui permettraient de remonter la pente. Nous restons à l’écart de l’obligataire d’Etat magyar.

 

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