Analyse
La revanche des pays émergents il y a 5 ans - jeudi 8 mars 2012

Partis demander de l’aide à l'occasion de la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du G20 à Mexico les 25 et 26 février, les Européens se sont vus opposer une fin de non-recevoir par les pays émergents. Les temps changent...

Inversion des rôles

Signe des changements économiques et financiers observés ces dernières années, ce sont aujourd’hui les Européens qui demandent de l’aide au Fonds monétaire international pour sortir de la crise de la dette publique qui sévit sur le Vieux Continent. Créé en 1944 pour garantir la stabilité monétaire mondiale, le FMI a, pendant des décennies, prêté le plus souvent aux pays en développement en difficulté. Mais depuis deux ans, c’est surtout à l’Europe qu'il fournit des capitaux et les nouvelles demandes européennes ne peuvent plus être satisfaites aujourd'hui sans un refinancement de l’institution basée à Washington. Et c'est là que le bât blesse. Car sachant que cet argent servira uniquement à renflouer les comptes publics des pays européens en crise, la plupart des membres du FMI, à commencer par les pays émergents mais aussi l’Angleterre et les Etats-Unis, refusent de refinancer l’institution tant que l’Europe n’aura pas épuisé elle-même toutes ses ressources.

Costume trop grand ?

Cette réaction de la planète financière peut se comprendre. Car pourquoi prêter de l’argent à la Grèce alors même que l’Allemagne se fait tirer l'oreille pour délier les cordons de sa bourse ? Cela est particulièrement vrai dans le chef de l’Angleterre et des Etats-Unis, eux-mêmes confrontés à une dette publique excessive. La position des nouveaux champions émergents, par contre, est le fait de pays qui viennent à peine d'intégrer la nouvelle réalité économique et financière. La Chine et le Brésil ne sont ainsi devenus que récemment des géants économiques et la facilité avec laquelle ils ont surmonté la récession de 2008-2009 n’a fait que renforcer leur importance à l'échelle planétaire. En toute logique, ils réclament une plus grande place politique dans le concert des nations et ont été en partie entendus. Le G7, trop axé sur les anciennes nations industrialisées, a ainsi été remplacé par le G20, qui tient davantage compte de la nouvelle réalité économique. Quant au FMI, le poids de chaque pays y a été revu au profit des pays émergents.
Seulement, leur nouveau poids économique et politique n’a pas modifié leur vision, toujours bien trop centrée sur leurs préoccupations domestiques. Or, leur intégration dans les flux commerciaux et financiers internationaux fait que les problèmes de l’Europe sont aussi, en partie, les leurs...

Le mythe du découplage

Car malgré leur volonté de miser davantage sur la demande domestique, la plupart de ces économies doivent toujours leur dynamisme aux exportations et investissements qui y sont associés. Et s'ils ont aisément surmonté la récession mondiale de 2008-2009, la Chine et le Brésil ne l'ont dû qu'à une politique monétaire et budgétaire expansionniste difficilement renouvelable aujourd’hui. S’il est donc de bonne guerre de négocier un maximum de compensations en échange d’une aide à l’Europe, la sphère émergente devra aussi s’impliquer dans la résolution de la crise sous peine d’être à son tour rattrapée par celle-ci. Car avec des trajectoires budgétaires intenables, des bulles immobilières, des problèmes de crédits non performants et des excès d’endettement, soit les mêmes problèmes qui ont fait vaciller les économies occidentales, les pays émergents ont aussi des défis importants à relever. Libre donc à eux de savourer leur « revanche », à condition de ne pas s'endormir sur leurs lauriers sous peine de vivre eux aussi des lendemains qui déchantent. Quoi qu'il en soit, la Chine, le Brésil, l’Inde et, certes dans une moindre mesure, la Russie présentent toujours selon nous le plus d’opportunités pour l’investisseur.

 

SICAV INVESTIES DANS LES PAYS EMERGENTS :
NOS CONSEILS D’ACHAT
Nom
Où acheter
10 % dans tous les portefeuilles (5 % dans le portefeuille défensif à 5 ans)
Deutsche Bank
5 % dans le portefeuille dynamique à 5 ans, 5 % dans les portefeuilles neutres et dynamiques à 10 et 20 ans
Deutsche Bank
5 % dans le portefeuille dynamique à 10 ans, 5 % dans les portefeuilles neutre et dynamique à 20 ans
Lyxor ETF Brazil
Euronext Paris
5 %, uniquement dans le portefeuille dynamique à 20 ans
BNP Paribas Fortis
BNP Paribas Fortis
Deutsche Bank

Nos conseils d’achat d’actions brésiliennes.

Notre stratégie de portefeuille


Partagez cet article