Analyse
La reprise américaine est-elle solide ? il y a 5 ans - mercredi 4 avril 2012

Lente à réellement s’enclencher, la reprise économique américaine prend de la consistance ces derniers mois. Cette amélioration est saluée par une belle progression des indices boursiers.

Réponse monétaire classique

Plus encore que lors des récessions de 1990 et 2001, la banque centrale américaine, la Fed, a répondu à la crise financière actuelle par une politique monétaire très expansionniste : taux directeur ramené à zéro et injection massive de liquidités via des prêts à taux réduits aux banques et des achats massifs de titres de la dette.
Lors des dernières récessions, l’action monétaire avait permis un rebond économique rapide. Avec la faiblesse des taux d’intérêt et la distribution massive de liquidités, le crédit avait explosé, aux entreprises dans les années 90 et aux particuliers la décennie suivante. Les Bourses et les prix immobiliers s’étaient envolés, générant un important effet richesse, profitable à la consommation et à l’activité économique. Bien qu’efficaces, ces reprises monétaires ont un grand défaut : elles mènent à l’excès d’endettement des agents économiques et finalement à des crises financières lorsque les défauts des emprunteurs augmentent. Ce fut le cas en 2000, avec l’éclatement de la bulle internet, et à partir de 2007, avec le dégonflement de la bulle immobilière et la crise des subprimes.

 

Reprise différente

Cette fois-ci, la reprise a été très lente à se dessiner car elle n’a pas pris le même chemin. Les prêts aux particuliers n’ont pas redémarré. Les ménages au contraire privilégient le désendettement. Du côté des entreprises, le rebond du crédit est récent. Il est la conséquence de l’amélioration de la conjoncture et de la profitabilité des sociétés, mais pas la cause de la reprise. L’action de la Réserve fédérale a surtout permis de financer le Trésor américain, d’éviter une crise de la dette et de rassurer les marchés financiers. Aujourd’hui, les Etats-Unis ne connaissent pas une reprise monétaire comme lors des récessions précédentes, mais une reprise industrielle. Ce sont d’abord le rebond des investissements productifs, la reconstitution des stocks et la hausse de l’emploi dans les entreprises qui enclenchent la reprise.
La consommation des ménages suivra…

 

Renouveau de l’industrie

La production industrielle a fort rebondi depuis la chute de 2009. Pour la première fois depuis la fin des années 90, l’emploi manufacturier est en hausse. Cela s’est traduit par une hausse des exportations et par une légère progression de la part de marché du pays dans le commerce mondial. Cette évolution résulte de l’addition de facteurs favorables à la relance industrielle américaine. La modération salariale a rendu le travailleur américain de nouveau compétitif, non seulement face aux salariés des autres pays industrialisés, mais aussi face à ceux des pays émergents, où l’avantage salarial s’érode. Le dollar s’est fort déprécié face au yen et au yuan, renforçant la compétitivité US face à l’Asie. Grâce au rapide essor de la production de gaz de schiste, le prix de l’énergie, et en particulier de l’électricité, est devenu beaucoup plus bas outre-Atlantique. Les Etats-Unis sont donc à nouveau compétitifs pour la production industrielle. Et alors que la politique de la Fed a rendu l’argent abondant et bon marché, tout est en place pour des investissements massifs dans une activité industrielle redevenue profitable.

 

La roue tourne

Moribonde au sortir de la récession, l’économie américaine a trouvé une nouvelle raison d’espérer grâce au renouveau de son industrie. Tout n’est pas rose pour autant. Les finances publiques doivent toujours êtres assainies, la croissance reste modeste et le chômage très élevé. Mais sortir de la récession par une politique de l’offre (en améliorant la compétitivité) plutôt que par la demande (et une nouvelle relance éphémère de la consommation) ouvre des perspectives à moyen et long terme. C’est cette même politique de l’offre systématique privilégiée depuis dix ans qui explique le succès économique de l’Allemagne, alors que les pays les plus vulnérables sont ceux qui ont privilégié la demande domestique comme moteur de la croissance.

 

Pour l’investisseur européen, alors que le dollar est sous-évalué et que la Bourse américaine, moins risquée qu’en Europe, est bon marché, le renouveau des Etats-Unis rend les actions américaines incontournables.

 

Consacrez-y 15, 20 ou 30 % de votre portefeuille, selon que votre profil est défensif, neutre ou agressif.

 

Vous pouvez acheter une sicav d’actions américaines : KBC Index United States, SSgA US Index Equity ou un tracker : iShares S&P 500 (coté sur Euronext Amsterdam, IE00B4L5ZD99).

 

Si vous voulez personnaliser davantage votre portefeuille, tournez-vous vers notre sélection d'actions américaines favorites : Abbott Laboratories, Kimberly-Clark, General Electric, Chevron, Intel ou AT&T.

 

Partagez cet article