Analyse
La zone euro devrait survivre. La solution passera par Francfort. il y a 5 ans - vendredi 25 mai 2012

La zone euro, éventuellement orpheline de la Grèce, devrait survivre. L’Union monétaire pourrait même sortir renforcée de la crise.

En attendant, hormis quelques actions individuelles, les perspectives de la zone ne plaident pas pour y investir.

 

Eviter l'effet domino

La Grèce est dans l’impasse. L’économie ne cesse de reculer et retrouvera fin d’année le PIB de 2002. Les recettes fiscales inférieures aux attentes excluent toute chance d’atteindre les objectifs budgétaires. Et sur le front politique, c'est le grand écart (impossibilité de former un gouvernement, retour aux urnes le 17 juin). La plupart des analystes considèrent l’abandon de l’euro par la Grèce comme la seule issue. Seulement, rien ne garantit que ce scénario améliorerait les finances du pays ou démêlerait l'imbroglio politique. Et surtout, le risque de contamination à d’autres pays est bien réel ! La sortie de la Grèce provoquerait des pertes pour le secteur public, qui détient l’essentiel de la dette étatique grecque, mais aussi pour le secteur bancaire européen, détenteur de créances sur le secteur privé grec. Un coup qui pourrait être fatal au Portugal, à l’Espagne ou à l’Italie. Même la solide Allemagne ne résisterait pas aux pertes en cascade en cas de désagrégation de la zone euro.

 

L'austérité a échoué

L’austérité a rendu la Grèce insolvable et l’économie grecque a reculé de 10 ans. L’austérité a fait replonger plusieurs économies européennes dans la récession et renforcé le chômage, sans réduire l’endettement public. En concoctant dans l’urgence un traitement de choc, les dirigeants européens risquent de tuer la zone à petit feu. Bien sûr, les excès d’endettement doivent être corrigés et il est impossible de passer à côté de l’austérité. Mais une consolidation budgétaire, néfaste à la croissance, ne peut réussir que si elle s'accompagne d'une politique monétaire expansionniste qui soutient l’activité économique.

 

La solution passera par Francfort

Les taux peu élevés de la BCE ne profitent pas aux pays touchés par la crise de la dette. Avec la désaffection des investisseurs pour ces marchés obligataires, les taux grecs, portugais, espagnols ou italiens sont même plus élevés qu’il y a 3 ans. Ces pays doivent supporter un renchérissement du coût du crédit. Le secteur privé refusant de financer certains pays, ce rôle doit être repris par la Banque centrale européenne, par un programme ambitieux d’achats de dettes. Cela découragera les spéculateurs et fera baisser le coût de la dette dans les pays concernés. Ces achats ne dispenseront pas les Etats de l’assainissement budgétaire, mais ils donneront du temps pour le faire (en évitant que les efforts ne soient rognés par le coût du crédit), l’opération donnera un coup de pouce aux ménages endettés et à l’activité économique et bloquera le risque de contagion.

 

Partagez cet article