Analyse
Pacte de croissance mort-né ? il y a 5 ans - mercredi 2 mai 2012

Mario Draghi, a balayé toutes les critiques et défendu l’action monétaire de la zone euro, mais reconnaît qu’elle n’est pas pleinement satisfaisante.

Alors que l’action monétaire a fait chuter les rendements obligataires à des niveaux peu attractifs, l’inaction politique pénalise la croissance et assombrit les perspectives des entreprises européennes. Nous restons globalement à l’écart des actifs européens.

 

Interrogé quant aux opérations de refinancement à long terme de la Banque centrale européenne (1 000 milliards d’euros ont été alloués aux banques), Mario Draghi, a balayé toutes les critiques et a éfendu l’action monétaire de la zone euro. Mais s’il estime que l’injection massive de liquidités a permis de calmer les tensions sur les marchés obligataires sans accentuer le risque inflationniste, il reconnaît aussi qu’elle n’est pas pleinement satisfaisante.

 

Selon lui, les liquidités sont très proches de l’économie réelle. Mais très proches ne veut pas dire dans l’économie réelle, la distribution du crédit étant freinée par les banques. Car avec l’argent reçu de la BCE, les banques, plutôt que de financer les entreprises et les ménages, ont acheté des obligations d’Etat ou replacé l’argent auprès de la BCE ! Celle-ci n’ayant pas à interférer dans la gestion des banques, elle a fait tout ce qu’elle pouvait.

 

Ce n’est pas le cas du pouvoir politique. M. Draghi a dénoncé tous les dysfonctionnements qui ont conduit à la crise de la dette (faiblesse de la discipline budgétaire, excès financiers, absence de réformes structurelles, perte de compétitivité). Après avoir renforcé les règles budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance, Mario Draghi appelle les gouvernements à intensifier leurs efforts pour soutenir l’activité économique. Ce ne sera pas chose aisée. Les divergences sont profondes au sein de la zone euro concernant ce « Pacte de croissance » et les discours de Draghi divise la classe politique européenne : si certaines le considèrent comme un simple appel à accélérer les réformes structurelles, d’autres estiment qu’il s’agit d’un plaidoyer pour une ambitieuse politique de relance.

 

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