Analyse
100 milliards d’euros au soleil il y a 5 ans - lundi 11 juin 2012

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, s'est résignée à lancer un appel à l'aide européenne pour ses banques.

 

Si l’aide européenne permet aux banques espagnoles de respirer, elle ne règle pas tout. La situation économique, financière et budgétaire de l’Espagne reste très difficile.

Face à l'aggravation de la crise et après que l’agence de notation Fitch a baissé de trois crans la note de sa dette souveraine (de A à BBB), l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, s'est résignée à lancer un appel à l'aide européenne pour ses banques. Après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, l’Espagne est le quatrième pays de la zone euro à demander l’aide financière des autres Etats membres. Pour la remise à flot de son secteur bancaire, Madrid a obtenu un prêt pouvant atteindre 100 milliards EUR. Ce sera l’actuel Fonds européen de stabilité financière ou le nouveau Mécanisme européen de stabilité, actif en juillet, qui fournira l’argent, au gré des besoins de recapitalisation du secteur bancaire. Ce montant colossal, supérieur à l’aide accordée à l’Irlande et au Portugal, vise à rassurer totalement les marchés et à stopper la contagion. Alors que l’audit du FMI évaluait à 40 milliards les besoins des banques espagnoles, l’enveloppe à disposition de 100 milliards veut marquer les esprits. Mais si les banques espagnoles semblent désormais en mesure de mieux faire face aux 184 milliards de créances immobilières problématiques, la prudence reste de mise. Avec la détérioration économique, le stock de créances douteuses et les besoins des banques continueront d’augmenter. Et à côté des créances immobilières, les banques espagnoles peuvent cacher d’autres cadavres dans leurs placards.

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