Analyse
Le yen au plus haut depuis 2000 il y a 5 ans - jeudi 7 juin 2012

Pays industrialisé affichant la dette publique la plus élevée au monde – 235,8 % du PIB pour l’année en cours – le Japon a pourtant vu sa devise s’apprécier de 11 % depuis fin mars.

Les raisons de l'envolée du yen

Tout d’abord, si la dette publique nippone est effectivement gigantesque, l’épargne des Japonais est aussi très importante. Le Japon peut donc compter sur ses épargnants pour financer la plupart de ses besoins, ce qui soutient sa devise.

 

Deuxièmement, si les taux d’intérêt très bas qu'offraient jadis les obligations d’Etat japonaises décourageaient bon nombre d’investisseurs, l'écart qui sépare les taux japonais des taux offerts par des pays comme les Etats-Unis ou l’Allemagne a tendance ces derniers mois à se réduire. Non pas parce que les taux japonais augmentent, mais parce que les taux de ces autres pays – très prisés par les investisseurs en tant que valeurs-refuges – sont en net recul.

 

Enfin, les rendements de l’ordre de 1 % qu’offre l’Allemagne sur la dette à long terme ou de 1,3 % offerts par les Etats-Unis sont nettement inférieurs à l’inflation. Ces pays proposent donc à vrai dire aux investisseurs des rendements réels... négatifs. Par contre, à 0,7 % dans un pays où sévit la déflation et où l’inflation est rarement présente, les taux nippons offrent des rendements encore légèrement positifs. De quoi tenter certains investisseurs étrangers et dissuader les épargnants japonais d'aller chercher fortune ailleurs, les alternatives de qualité étant, il est vrai, peu nombreuses.

 

Restez à l’écart

Si le financement de la dette du pays ne pose pas de problème pour le moment, la situation se complique néanmoins. Le taux d’épargne des Japonais est en net recul ces dernières années et le réservoir d’épargne dont dispose le pays s'érode à mesure que la population âgée puise dans l’épargne de toute une vie.

 

A cela s’ajoute encore une devise particulièrement chère et des rendements réels certes dans le vert mais pas vraiment alléchants. Nous ne sommes pas acheteurs d’obligations d’Etat japonais.

 

Côté actions, la Bourse de Tokyo reste globalement plutôt chère, ce qui nous amène à éviter ce marché, à une exception près avec l'action Mabuchi Motor, une valeur bon marché.

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