Analyse
Crise de la dette : enfin une solution ? il y a 5 ans - mardi 10 juillet 2012

L’Europe a-t-elle vraiment frappé un grand coup lors de son dernier sommet ?

La principale avancée serait la création d’un organisme européen de tutelle du secteur bancaire pour écarter les régulateurs nationaux, trop proches des mondes politique et financier, trop bienveillants à l’égard de leurs champions nationaux et auteurs de stress tests trop laxistes. Mais cette autorité ne devrait pas voir le jour avant fin 2012. D'ici là, diversifier vos placements en dehors de la zone euro.

 

Du côté des sicav d'obligations, les pays aux finances saines comme la Suède, le Danemark, la Pologne et le Canada constituent autant de possibilités de diversification intéressantes.

 

Côté sicav d’actions, nos choix s’orientent vers les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et la Chine mais aussi, pour certains portefeuilles plus dynamiques, l’Inde, la Russie ou le Brésil.

 

Sauvetage direct des banques

Le dernier sommet européen a fait progresser l’aide au secteur financier. Jusqu’ici, les prêts européens étaient accordés à la demande d’un pays. A charge pour ce pays de prêter à ses banques. Mais ces montants alourdissaient la dette publique et forçaient à l’austérité. Le sauvetage des banques par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) change la donne. Les Etats ne seront plus directement concernés. En compensation une autorité de tutelle des banques européennes sera créée. Seul hic, elle ne devrait pas être en place avant la fin de l’année, de quoi augurer des mois difficiles pour les banques espagnoles et italiennes.

 

FESF et MES

Le FESF et le MES pourront intervenir pour acheter de la dette souveraine des pays en difficulté. Hélas, prévue depuis juillet 2011 pour le FESF, cette possibilité n’a jamais été utilisée. Et leurs moyens sont toujours limités. Le FESF ne dispose plus que de 240 milliards après l'aide à la Grèce, à l’Irlande et le Portugal. Quant au MES, avec une capacité de 500 milliards, il risque d'être vite débordé (dette publique de l’Italie : 1 897 milliards, de l’Espagne : 735 milliards). Ces fonds ne pourront donc remplir leur mission qu’à condition d'être renforcés et cela n’aura rien d’évident. Les pays aux finances solides rechignent à augmenter leurs apports tant que l’autorité de tutelle européenne n’est pas en place. Reste donc la BCE qui pourrait faire appel à la planche à billets. Mais les pays aux finances solides voient mal pourquoi ils devraient fragiliser leur devise au profit de pays qui se sont montrés incapables de mettre une décennie de taux réduits à profit pour assainir leurs finances.

 

Investisseurs mieux protégés

Les investisseurs publics (BCE, FMI) ne seront plus les premiers servis en cas de défaut de paiement. Dans le cas de l’Espagne, l’octroi d’une ligne de crédit de 100 milliards d'euros pour aider les banques du pays avait dans un premier temps suscité l’inquiétude des investisseurs qui craignaient de se faire reléguer au deuxième rang. Ce changement devrait les rassurer et contribuer au retour de certains acteurs privés sur les marchés de la dette espagnole.

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