Analyse
Faut-il investir en rand sud-africain ? il y a 5 ans - mercredi 11 juillet 2012

Dans nos conseils d’obligations en devises, à titre d’alternative face à l’euro, nous ne parlons plus du rand sud-africain. Pourquoi ?

Les prévisions sont peu enthousiasmantes pour l’Afrique du Sud. Nous ne sommes donc pas friands d’investissements dans ce pays ou sa devise, malgré le différentiel de taux non négligeable entre les intérêts sur les obligations en rand et des autres devises.
Selon la qualité de l’émetteur, une obligation en rand offre entre 5,5 et 7 %.
Ces taux ont beau sembler élevés, ils sont insuffisants pour compenser le risque qui pèse sur la devise.

 

Ces deux dernières années, et une fois clôturée la coupe du monde de football de 2010, le rand sud-africain (ZAR) est un peu tombé dans l’oubli. Très peu d’obligations ont été émises dans cette devise. Ce n’est pas étonnant, car l’économie de l’Afrique du Sud n’est pas en grande forme. Pour 2012, la prévision de croissance économique est de 2,5 à 2,7 %. C’est bien sûr élevé par rapport aux chiffres de l’Europe, mais c’est insuffisant pour faire face à la croissance démographique du pays et c’est sans doute trop optimiste : la confiance des entrepreneurs est à son niveau le plus bas des dix dernières années et l’indicateur d'activité du secteur manufacturier est tombé en juin sous la barre des 50, ce qui est un signe de contraction.

 

En outre, les vicissitudes de l’économie européenne affectent l’Afrique du Sud (l’Europe accueille un tiers des exportations sud-africaines), le secteur minier (or, argent, diamant…) souffre du ralentissement mondial et le pays connaît une assez forte inflation, de sorte que la banque centrale n’est pas tentée de réduire davantage son taux directeur (actuellement de 5,5 %, son niveau le plus bas depuis 30 ans).

 

Enfin, le parti au pouvoir, handicapé par des querelles internes, tarde à prendre les mesures pour l’économie. Le taux de chômage est de 40 %, l’inquiétude sociale grandit et le criminalité s’accentue.

 

Pour couronner le tout, l’agence de notation Standard & Poor’s a procédé en mars à une révision à la baisse du rating du pays.

 

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