Analyse
La Russie rejoint enfin l’OMC il y a 4 ans - jeudi 30 août 2012

Une raison de plus pour continuer à investir en Russie ?

L’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pourrait favoriser la croissance et le niveau de vie. Raison de plus pour investir en Russie ? Pas pour tout le monde. Mais face à un rouble correctement évalué et une Bourse de Moscou offrant de beaux espoirs, l’investisseur à long terme (20 ans) et qui n’a pas froid aux yeux peut consacrer jusqu'à 5 % de son avoir aux sicav d’actions russes BNPP L1 Equity Russia, Parvest Equity Russia et Pictet Russian Equities P EUR.

Energie et ressources naturelles

Depuis deux décennies, l’énergie et les ressources naturelles font carburer l’économie russe et assurent le gros des exportations. Par contre, l’industrie et l’agriculture sont à la peine, victimes du sous-investissement et de méthodes dépassées. Quant aux services, ils tardent à réaliser leur potentiel. L’adhésion à l’OMC offre à la Russie l’occasion de redynamiser certains secteurs et de réduire sa dépendance à l’énergie et aux matières premières. Mais pour en profiter, le pays doit régler ses problèmes de corruption et de bureaucratie, qui freinent les investisseurs.

Promesses

L’effet de l’adhésion ne sera visible qu’à long terme. Une période de transition est prévue, pendant laquelle les aides d’Etat seront renforcées. A terme, l’économie russe devrait sortir gagnante. Les barrières au commerce devraient reculer et les taxes douanières se réduire à 7,8 %, ce qui rendra moins chers les produits importés et forcera les producteurs locaux à améliorer leur compétitivité. L’ouverture à la concurrence et l’arrivée de l’investissement étranger devraient accroître l’offre et faire baisser les prix à la consommation.

Gagnants et perdants

- Les ménages et le secteur des services devraient être les principaux gagnants. Car une adhésion à l’OMC s’accompagne normalement d’une hausse des salaires. L’arrivée d’investisseurs étrangers, prêts à payer pour le talent local, profite aux revenus des ménages. Et comme certains secteurs (dont le financier), seront libéralisés, le crédit deviendra moins cher.
- L’énergie et ses exportations, habitués à la concurrence et à l’investissement étranger, en profiteront moins.
- Pour l’agriculture, c’est un défi. Malgré son énorme surface cultivable et sa faible densité de population, la Russie ne subvient pas à ses besoins et importe des biens agricoles. Moscou a donc décidé la vente forcée des terres non cultivées, pour stimuler la production. Mais l’investissement privé ne suit pas. La fin des subsides d’Etat et l’arrivée attendue de la production étrangère incitent à la prudence. Certaines multinationales agricoles pourraient arriver en Russie. La Chine, avec sa forte densité de population et ses besoins de biens alimentaires, pourrait être intéressée.
- Dans l’industrie, l’investissement étranger serait le bienvenu. Nombre d’entreprises ne survivent que grâce à des d’Etat, qui prennent fin. Et, certains secteurs occupant la quasi totalité de la population d’une ville, ces villes devront se reconvertir.

 

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