Analyse
Conseil d'achat pour quatre entreprises européennes de niche il y a 5 ans - jeudi 11 octobre 2012

A en juger par les fermetures de sites de production, l’industrie européenne n’est pas au mieux. Le Vieux Continent doit se réindustrialiser. Il reste toutefois des opportunités.

A ACHETER
Tubacex a affiché d’excellents résultats semestriels. Grâce à une forte demande énergétique et de belles commandes, le second semestre devrait être bon. Le cours a gagné 13,1 % depuis le début de l’année, mais ce n’est pas fini.
EVS gagne encore des parts de marché; le bénéfice 2012 devrait battre le record de 2008.
Melexis a enregistré des ventes semestrielles record, au point de relever ses objectifs 2012. Le cours (+ 25,5 % depuis début 2012) devrait encore être soutenu par le rachat d’actions par l'entreprise.
Sioen se montre prudent pour l’avenir, mais son cours en tient déjà compte, malgré sa progression de 14,7 % cette année.

 

Secteur en crise

La crise a totalement ravagé l’industrie européenne. De mai 2008 à avril 2009, la production industrielle dans la zone euro a reculé de 20 %; aujourd’hui, l’activité reste inférieure de 10 % au pic d’avant la crise. En quatre ans, plus de 10 % des emplois ont disparu dans l’industrie et aucune amélioration n’est attendue à moyen terme. Mais la crise n’explique pas tout. Et toutes les industries européennes ne sont pas logées à la même enseigne (la production est sinistrée en Espagne et en Italie mais résiste en Allemagne).

 

Manque de compétitivité

Alors que le marché européen des panneaux solaires assure trois quarts de la demande mondiale et qu’un tiers des brevets dans ce domaine sont européens, 10 % à peine des cellules photovoltaïques sont produites sur le Vieux Continent... La situation est pire dans les batteries au lithium : les sociétés européennes détiennent 30 % des brevets mais ne produisent rien en Europe !
Les entreprises européennes supportant des coûts salariaux et énergétiques élevés et une forte pression fiscale et environnementale, elles ne sont compétitives que sur des produits sophistiqués. Les Européens n’ont ainsi rien pu faire face à la Chine lorsque les panneaux photovoltaïques sont devenus des produits de masse.

 

Réveil américain

Le salut de l’industrie européenne passera par la course à l’innovation, d’autant que les USA se réveillent : la production industrielle y a pratiquement retrouvé son niveau d’avant la crise et le secteur crée des emplois, grâce à une amélioration de la compétitivité, un coût salarial plus faible qu'en Europe et une amélioration des prix énergétiques (le gaz remplace peu à peu le pétrole et le charbon).

 

Des sociétés européennes performantes

Les entreprises européennes subissent la concurrence des pays émergents (qui bénéficient de coûts de production imbattables) ainsi que des sociétés américaines, qui relèvent la tête. Certaines tirent cependant leur épingle du jeu, en conservant leurs centres de décision et de recherche en Europe, en présentant un avantage compétitif dans leur secteur et en vendant leurs produits partout dans le monde. C’est parmi elles que nous avons sélectionné nos quatre conseils.

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