Analyse
L’Amérique latine doit se réformer il y a 4 ans - jeudi 29 novembre 2012

Touchés par une conjoncture mondiale difficile après des années de croissance facile, les pays latino-américains doivent se remettre en question.

Le Brésil l’a compris et lance une série de réformes pour dynamiser son marché intérieur, renforcer ses infrastructures et jeter les bases d’une croissance durable. Sa croissance n'égalera pas celle de l’Inde ou de la Chine, mais il constitue une diversification utile, pour maximum 5 % de votre portefeuille et à condition d'en accepter le risque.

 

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Sabesp dont le cours a fortement grimpé.
En ce qui concerne les Belges présents en Amérique latine, la stratégie de croissance par acquisitions de
AB InBev semble avoir atteint ses limites; quant à Bekaert, il réalise près d'un quart de ses ventes en Amérique latine, il y affiche une croissance positive et ses marges n’y sont pas trop sous pression.

 

La roue tourne

Entre l’avènement de l’euro et le début de la crise de la dette souveraine, la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) est devenue un Eldorado pour les latino-américains, avec à la clé un flux migratoire d’envergure. Liens culturels étroits, langues communes et essor économique aidant, un million et demi de latino-américains ont choisi de s'établir en Espagne, et la communauté brésilienne au Portugal dépasse à présent les 120 000 ressortissants.
Aujourd'hui, les deux anciennes puissances coloniales sont à la peine et le flux migratoire s’inverse. Les latino-américains veulent bâtir leur vie chez eux et sont imités par un nombre croissant d’Espagnols et de Portugais. Quant aux entreprises, après avoir investi des décennies durant en Amérique Latine, certaines vendent leurs positions, pour renflouer les caisses de leur maison-mère : Portugal Telecom a vendu l’opérateur de téléphonie mobile brésilien Vivo, Santander Brasil et Telefônica Brasil ont été introduits en Bourse. La démarche n’est pas propre aux ibériques : le français Vivendi songe à se séparer de l’opérateur télécom brésilien GVT et Carrefour réduit sa voilure mondiale pour se recentrer sur l’Europe.

 

Accro à la demande chinoise

L’Amérique latine souffre de la conjoncture mondiale. Le ralentissement de la demande chinoise pour les matières premières pèse sur les économies. Malgré une belle croissance intérieure, ces économies peinent à croître en l’absence de croissance dans les pays industrialisés (et en Chine). Après des années de croissance « facile », les leaders latino-américains doivent mettre la main à la pâte pour relancer leur économie.

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