Analyse
Le Brésil s’attaque à ses maux il y a 4 ans - jeudi 8 novembre 2012

Les autorités prennent des mesures pour soigner les plaies qui l’ont empêché jusqu'ici de profiter de son potentiel.

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Finie la croissance facile

Longtemps décevante, la croissance au Brésil s’est envolée sous Lula, favorisée par la hausse du niveau de vie, le boom du crédit, la demande chinoise et la flambée des prix des matières premières (dont le Brésil est grand producteur). Hélas, le real brésilien s’est aussi envolé, pesant sur la compétitivité de nombreux secteurs. Et quand la crise a frappé l’Occident, le Brésil a tremblé, forçant aujourd'hui les autorités à prendre des mesures.

 

Signal positif

Les autorités brésiliennes vont s’attaquer à ce qu’on appelle le coût Brésil, un ensemble de facteurs rendant le pays peu propice aux affaires. Car si les finances publiques ont été assainies, ce fut aux dépens des investissements publics. Or, qui dit infrastructures insuffisantes dit frein à la croissance. Pour y remédier, Brasilia a décidé de s’ouvrir au secteur privé, pour la construction et la gestion de routes, chemins de fer, ports et aéroports. En outre, les charges sociales seront réduites dans une série de secteurs. Enfin, l’électricité sera moins taxée, ce qui soulagera particuliers et entreprises. Bien sûr, tout ne sera pas réglé du jour au lendemain. Bureaucratie, corruption et justice perfectible freineront encore l’intérêt des entrepreneurs pour le Brésil. Mais ces mesures augurent un avenir meilleur.

 

Banque centrale très active

Jusqu’ici, le coût Brésil empêchait l’économie de s’adapter aux pics de consommation, ce qui se traduisait par des flambées des prix. Pour contenir l’inflation, les taux directeurs ont été longtemps élevés, pesant ainsi sur la capacité de financement des entreprises. Mais depuis septembre 2011, ils ont été réduits à dix reprises, pour atteindre 7,25 %. Cela devrait redynamiser l’investissement et la consommation.

Le potentiel de croissance du Brésil à long terme est d’un peu moins de 4 %. Mais en s’attaquant au coût Brésil, le pays devrait mieux le concrétiser. De plus, au contraire des autres pays BRIC, sa dynamique de croissance est plus axée sur le marché intérieur que sur les exportations.

 

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