Analyse
Australie : quid après le boom minier ? il y a 4 ans - jeudi 17 janvier 2013

L’Australie a vécu plusieurs années de rêve avant un petit passage à vide en 2012. Accident de parcours ou nouvelle réalité ?

Si le secteur minier continuera à contribuer à la croissance, le pays devra compter sur d’autres secteurs pour revenir à une croissance plus équilibrée et empêcher le déficit commercial de se creuser. Malgré cela, l’économie devrait rester dynamique. Mais le dollar australien, surévalué d’environ 30 % par rapport à l’euro, rend les actifs financiers du pays trop chers.

 

La Bourse de Sydney ne figure plus dans nos portefeuilles. Même constat pour les obligations d’Etat, malgré le rating AAA.

 

En ce qui concerne l’indo-australien Aditya Birla Minerals, le cours a souffert de la baisse du cours du cuivre en 2012 et de sa dépendance à un seul client (l’Inde), dont les perspectives de croissance ont fortement fluctué en 2012. Conservez. Pour tirer profit du dynamisme du secteur minier australien, achetez plutôt Rio Tinto.

 

Excellents fondamentaux

L’économie australienne a été une des grandes bénéficiaires de la croissance chinoise (25 % des exportations absorbées par la Chine). Conjugué à un marché du travail et de l’immobilier en plein boom, cela a favorisé un grand essor que même la crise qui sévit depuis 2008 n’a pas éliminé totalement. L’Australie affiche aussi des finances publiques très saines (sa dette publique ne devrait guère dépasser 29 % du PIB cette année) ainsi qu’un système financier bien réglementé et en pleine santé.

 

Devise chère

L’Autsralie a toutefois connu une année 2012 mouvementée. Cherchant refuge face à la conjoncture incertaine, les investisseurs sur le pays, ce qui a pour conséquence de pousser la devise locale vers des sommets absolus, pesant ainsi sur la compétitivité du « Made in Australia ».Cela n'a heureusement pas eu d’impact sur l’appétit chinois pour les ressources minérales du pays, mais le ralentissement de la Chine en 2012 et la baisse sensible des prix des ressources naturelles ont changé la donne. Au point de faire apparaître la nécessité d’un nouveau modèle de croissance pour l'Australie.

 

Ere nouvelle

Tout comme il est illusoire d'espérer revoir un jour la Chine renouer régulièrement avec des taux de croissance à deux chiffres, il nous semble aussi peu raisonnable de s’attendre à ce que l’Australie puisse répliquer à l’infini des taux de croissance de 3,5 à 4 %. Après des années de boom minier, le géant de l’hémisphère Sud doit revenir à un modèle plus équilibré, où consommateurs et secteurs non-miniers auront aussi un rôle à jouer. L’Australie va donc vers des taux de croissance inférieurs à 3 %. Rien d'inquiétant toutefois puisqu'elle devrait toujours figurer parmi les pays industrialisés les plus dynamiques.

 

De plus, le pays a des atouts considérables. Avec des taux directeurs à 3 %, la Banque centrale australienne possède un large arsenal d’instruments pour relancer au besoin la croissance. Même chose pour le gouvernement qui, grâce à des finances publiques très saines, dispose d’une grande marge de manœuvre pour stimuler l’économie, que ce soit en réduisant la pression fiscale, ou en augmentant les dépenses publiques.

 

Partagez cet article