Analyse
L’heure des dévaluations compétitives semble avoir sonné il y a 4 ans - mercredi 30 janvier 2013

Comment l’investisseur peut-il en profiter ?

Un euro cher permet à l’investisseur de s’offrir des actifs étrangers à moindre prix.

 

Dévaluation compétitive

Pour se refaire une compétitivité, le Japon fait tout pour affaiblir sa devise (- 20 % en 6 mois).
Et si, en faisant tourner la planche à billets, la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre ont certes pour objectif d’offrir à leur Trésor un financement bon marché et de contribuer à la relance de leur économie, elles ne se plaignent pas si cela contribue à affaiblir leur devise et à améliorer leur compétitivité ! La Chine gère aussi le taux de change du yuan, pour conserver sa compétitivité intacte.

 

Euro freiné par la crise de la dette

L’euro est donc assez cher face à diverses devises. Cela peut paraître étonnant, compte tenu de la récession qui a marqué 2012 et de la crise de la dette. Pourtant, il y a fort à parier que sans cela, l’euro serait encore plus cher. Les pays à l’endettement réduit et aux finances publiques saines n’étant pas légion, ils ont été pris d’assaut par les investisseurs en quête de sécurité, ce qui a propulsé leurs devises vers des sommets. Certains, gros exportateurs de matières premières (Australie, Nouvelle-Zélande, Norvège) s’en accommodent. D’autres interviennent pour limiter la cherté de leur devise (la Suisse a inondé le marché de francs pour défendre un niveau de 1,20CHF pour 1 EUR).

 

Pas de stratégie européenne

A l’heure où nous prévoyons une nouvelle année dans le rouge pour la zone euro, la cherté de notre devise inquiète. Mais la mise en place d’une stratégie concernant sa valeur semble difficile, tant les réalités au sein de la zone sont différentes. Certains pays compétitifs s’accommodent plutôt bien d’un euro cher. C’est le cas de l’Allemagne, qui ne s’est inquiétée de la valeur de l’euro que suite aux mesures de la Banque du Japon (qui menacent son secteur automobile). A l'inverse, les pays en pleine austérité auraient bien besoin d’un euro plus faible pour relancer les exportations.

 

Pour l’investisseur

– Restez à l’écart des devises surévaluées, à l’exception du franc suisse. Les obligations suisses sont présentes dans nos portefeuilles défensifs, à titre de diversification. Très peu risquées, les actions suisses figurent aussi dans bon nombre de nos portefeuilles.
– Nous sommes friands de devises bon marché, mais attention aux obligations américaines et britanniques ! Les interventions de la Fed et de la Bank of England faussent le prix de la dette étatique des deux pays. Les Bourses de ces deux pays sont peu volatiles et offrent des espoirs de rendement supérieurs à ceux de la zone euro.
– Le risque élevé de la Chine est compensé par un grand dynamisme.
– Il est trop tôt pour investir en yen, dont la chute n’est pas terminée.
– Les devises de certains grands pays émergents (roupie indienne, rouble russe, real brésilien, zloty polonais), sont proches de l’équilibre face à l’euro. C’est leur dynamisme qui fait la différence et leur permet de rester dans certains de nos portefeuilles à très long terme.
– Restez à l’écart de la lire turque (très chère) et de la Bourse d’Istanbul, très volatile.
Vous retrouverez toutes nos orientations et la part de votre avoir à y consacrer dans nos portefeuilles.

 

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