Analyse
Vos dépôts menacés ? il y a 4 ans - lundi 25 mars 2013

En cas de faillite d’une banque, les avoirs des clients sont protégés à concurrence de 100 000 euros. Mais voici dix jours, on a découvert que cette promesse pouvait être contournée.

Depuis l’éclatement de la crise financière, tout est mis en œuvre pour restaurer la confiance des épargnants. Il est ainsi prévu qu’en cas de faillite d’une banque, les avoirs des clients sont protégés à concurrence de 100 000 euros. Mais voici dix jours, on a découvert que cette promesse pouvait être facilement contournée. Le gouvernement chypriote a en effet envisagé, avec l’aval de l’Eurogroupe et de la BCE, la taxation des dépôts bancaires à Chypre. Y compris les 100 000 remiers euros. La mesure a finalement été rejetée, mais trop tard pour éviter que la confusion s’installe de nouveau.

 

Bien sûr, Chypre doit participer financièrement à son sauvetage. Le pays a trop agi à la légère. En autorisant ses banques à prendre des risques excessifs tout en offrant des taux d’intérêt trop élevés. En n’étant pas très pointilleux sur le blanchiment d’argent. Mais en remettant en cause, ne fût-ce qu’au cours de leurs discussions, la garantie des 100 000 euros, nos dirigeants n’en ont pas mesuré les conséquences dévastatrices. Car comment éviter alors, en cas de doute sur la solidité d’une banque, les retraits massifs qui déstabiliseront davantage le système bancaire… et l’économie tout entière ?

 

Les autorités ont beau jeu d’affirmer que la situation à Chypre est exceptionnelle. Et même s’il est vrai qu’en Belgique, une telle mesure nous semble aujourd’hui très peu probable, qui dit qu’elle ne sera pas un jour envisagée dans un autre pays, en Espagne par exemple, si la situation se dégrade encore ?

 

Mais la garantie des dépôts n’est pas la seule pierre qui consolide le système bancaire. L’union bancaire, c’est-à-dire la mise en place d’un contrôle de la solidité des banques dans la zone euro, devra renforcer la qualité de ce contrôle, en remédiant aux faiblesses qu’il peut présenter dans l’un ou l’autre pays. Ce dossier vient de progresser d’un grand pas au niveau du Parlement et du Conseil européens.

 

En attendant, pour mettre fin aux inquiétudes légitimes des déposants, nous exigeons des autorités européennes qu’elles réaffirment clairement que les premiers 100 000 euros sont intégralement garantis. Nous trouvons aussi choquante l’idée de faire participer le consommateur au sauvetage des banques. Celui-ci ne doit pas supporter les erreurs et les fautes des autorités de contrôle. Nous avons envoyé une lettre en ce sens au ministre des Finances, Koen Geens.


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