Analyse
Zone euro : la trêve est finie il y a 4 ans - mercredi 6 mars 2013

Le tableau politique, financier et économique de la zone euro est sombre et il ne faut guère s’attendre à une franche embellie cette année.

On ne trouve aucune sicav d’actions de la zone euro dans nos portefeuilles
Par contre, il est possible de trouver quelques opportunités du côté des actions individuelles.

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Au niveau obligataire, les rendements sont faibles. Mieux vaut souvent préférer
un bon compte d’épargne. Certaines obligations en euro d’émetteurs privés offrent des rendements élevés, mais le risque l'est tout autant... A envisager avec parcimonie.

 

Mario Draghi

En promettant qu’il ferait tout pour sauver la zone euro, le Président de la Banque centrale européenne Mario Draghi visait surtout à gagner du temps. Face à la flambée des taux espagnols, il devenait urgent de contenir l’incendie qui menaçait toute la zone euro, à charge pour les gouvernements d’élaborer entre-temps une vraie stratégie de sortie de crise.

 

Et le moins que l'on puisse dire est que la bienveillance des investisseurs à l’égard du Vieux Continent a dépassé toutes les attentes avec 6 mois inespérés de quiétude financière. Mais si Mario Draghi a dû être agréablement surpris par l’impact positif de sa déclaration de l’été dernier, il doit aujourd’hui être horrifié en voyant que la situation ne s’est finalement pas améliorée. Au contraire même puisque la zone euro a renoué avec tous ses vieux démons...

 

Incertitudes politiques

Le verdict des élections en Italie a ainsi fait resurgir le risque politique. Appelé en sauveur pour mettre fin à la paralysie des institutions fin 2011, Mario Monti a replongé l’Italie dans le chaos politique en convoquant des élections anticipées. Mais il serait aussi réducteur de limiter les problèmes politiques européens au seul blocage italien.

 

Composés de coalitions fragiles ou confrontés à une opinion publique hostile, la plupart des gouvernements européens marchent sur des œufs et les divergences de vue entre les capitales européennes n’ont jamais été aplanies. Le clivage entre le Nord et le Sud continue à freiner la résolution de la crise.

 

Retour de la récession

C’est la mauvaise surprise de la fin de l'année 2012 avec un recul de l’activité économique européenne de 0,6 % d’un trimestre à l’autre et de 0,9 % sur base annuelle. En recul de 0,6 % par rapport aux trois mois précédents, même l’activité économique allemande a bu la tasse au quatrième trimestre 2012. Le taux de chômage européen n’a jamais été aussi élevé, la consommation des ménages et la production industrielle ont fait un bond de 10 ans en arrière et l’activité du secteur de la construction n’a jamais été aussi faible depuis que ces données sont compilées au niveau européen, soit depuis 1996 !

 

Profondément enracinée, la récession est du reste appelée à durer si l'on en croit les dernières prévisions de la Commission européenne qui font état d'un recul du PIB de la zone euro de 0,3 % en 2013.

 

Augmentation de la dette

Les six mois d’accalmie offerts par Mario Draghi n’auront finalement pas non plus permis une amélioration des finances publiques. Avec un déficit public attendu à 2,8 % du PIB cette année pour toute la zone euro, la dette des Etats européens passera ainsi la barre des 95 % du PIB contre moins de 70 % avant la crise !

 

La Grèce est toujours en faillite malgré plusieurs plans de sauvetage et Chypre suit ses pas. A plus de 120 % du PIB, la dette de l’Irlande, du Portugal et de l’Italie se rapproche quant à elle du niveau qui a conduit au naufrage grec...

 

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