Analyse
Bilan économique du mois de mars il y a 4 ans - mardi 2 avril 2013

Le sauvetage de Chypre et la profonde restructuration de son secteur bancaire n’ont pas laissé de marbre les investisseurs.

L’euro a encore perdu des plumes. Il continuera de souffrir tant que les progrès politiques font défaut en Italie et au niveau de la gouvernance européenne, que l’évolution économique n’est pas plus brillante et la situation financière reste problématique.
Sur le marché obligataire, les taux d’intérêt ont effacé la légère hausse de janvier et février et restent à des minima historiques.
Si l’étoile de l’euro pâlît, le financement de la dette européenne ne pose aucun problème.

 

La chute de Chypre et de son système bancaire hypertrophié était loin d’être imprévisible depuis la restructuration de la dette grecque (à laquelle ses banques étaient fort exposées). Au vu de la taille réduite de son économie (0,2 % du PIB de la zone euro), son impact aurait dû être limité.
La première proposition de sauvetage qui frappait tous les dépôts bancaires chypriotes, mais épargnait quelque peu les actionnaires et les créanciers des banques en difficultés, avait d’ailleurs été bien accueillie par les marchés.
La deuxième mouture qui, à l’exception des dépôts jusque 100 000 EUR, saigne à blanc les agents économiques impliqués d’une manière ou d’une autre dans les deux plus grandes banques de Chypre a elle aussi, dans un premier temps, été assez bien accueillie. Mais les déclarations maladroites du président de l’Eurogroupe, le hollandais Jeroen Dijsselbloem, laissant entendre que le sauvetage de Chypre pourrait servir de modèle, ont mis le feu aux poudres. Le démenti quelques heures plus tard n’y a rien changé, le mal était fait.

 

Aux yeux des investisseurs, la zone euro n’est plus tout à fait la même. Alors que les contribuables avaient jusqu’à présent supporté le coût de la crise de la dette et les restructurations bancaires, le cas chypriote fait porter le fardeau aux actionnaires, aux créanciers et aux gros déposants. Nul n’est donc désormais plus à l’abri.

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