Analyse
Faut-il s'inquiéter de la crise coréenne ? il y a 4 ans - mercredi 10 avril 2013

La Corée du Nord se montre de plus en plus menaçante à l'égard de la Corée du Sud et des USA.

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Tensions vieilles de 60 ans

Les relations dans la péninsule coréenne n’ont jamais été normalisées depuis la fin de la guerre en 1953. Les incidents diplomatiques et les accrochages militaires ont régulièrement émaillé les relations entre les deux Corées. Et si un certain réchauffement entre le Nord, économiquement exsangue, et le Sud, désireux de tourner la page, semblait depuis peu à l’œuvre, tout a basculé le 12 décembre 2012 quand, en réussissant pour la première fois le lancement d’une fusée dans l’espace, la Corée du Nord a prouvé qu’elle maîtrisait la technologie des missiles à très longue portée. Et le 12 février dernier, elle procédait à un troisième essai nucléaire.

 

Rien à gagner

Les deux Corées ont tout à perdre d’une aggravation de la crise. Au Sud, l'économie montre des signes de faiblesse. La croissance des trois derniers mois de 2012 a affiché sa plus faible performance depuis le troisième trimestre 2009, et le PIB n’a progressé que de 2 % sur l’ensemble de l’année contre 3,7 % en 2011. Si l'économie coréenne conserve un certain dynamisme, elle le doit à la consommation des ménages et aux exportations. Or, la première est fragilisée par l’endettement excessif des Coréens et les secondes souffrent de la faiblesse de la demande internationale. La croissance coréenne ne tient donc qu’à un fil qui ne résisterait pas longtemps à une intensification des tensions...
La Corée du Nord a aussi beaucoup à perdre. La zone industrielle intercoréenne, inaugurée en 2004 comme symbole de la volonté d’établir une coopération, compte 123 sociétés sud-coréennes qui fournissent du travail à 53 000 Nord-Coréens et génèrent deux milliards de dollars de revenus annuels.

 

Embarras chinois, craintes japonaises

La Chine est gênée par le regain de tensions. Economiquement, Pékin n’a rien à craindre. Les relations commerciales entre les deux pays se limitent à la fourniture de nourriture et de pétrole par Pékin. Une aide qui vise surtout à garantir la survie du régime nord-coréen, dont l'effondrement exposerait la Chine à un afflux massif d’immigrés et à une crise humanitaire qu’elle ne souhaite pas. En place depuis quelques semaines seulement, la nouvelle équipe dirigeante chinoise a d’autres priorités (stimuler la consommation domestique, maîtriser la bulle immobilière).Le Japon redoute pour sa part d’être entraîné dans un conflit susceptible de pénaliser les échanges commerciaux (lui qui compte sur les exportations en attendant que les dépenses des ménages apportent leur contribution à sa croissance).

 

Entre craintes et sérénité

Le won coréen, en recul de plus de 5 % par rapport au dollar ces trois derniers mois, est au plus bas depuis septembre 2012. Et l’indice Kospi de la Bourse de Séoul est dans le rouge depuis le début de l’année. Les autres places boursières asiatiques affichent quant à elles des évolutions disparates pas directement liées à la crise coréenne. Le Bourse japonaise est soutenue par le repli du yen et le marché chinois déprimé par une évolution conjoncturelle mitigée.

 

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