Analyse
Matières premières : la fin de l’âge d’or ? il y a 4 ans - mardi 23 avril 2013

Mi-avril, en deux jours, l’or a perdu 13 % de sa valeur. Dans son sillage, l’argent et les autres métaux précieux ont aussi chuté.

Ce n’est pourtant pas la fin du super cycle des matières premières.
Nous restons positifs pour le pétrole. A long terme, sa demande doit grimper. Investissez-y via une
sicav, dans notre action favorite Chevron, ou l’action BP trop sanctionnée à cause du procès consécutif à la marée noire.
Le secteur des métaux non-ferreux n’est pas bon marché, mais offre des opportunités :
Rio Tinto, peu endetté et qui offre un dividende correct ou Amerigo Resources qui dispose de marges élevées dans le cuivre. Car si des hausses de production sont annoncées, les grèves à répétition ou des événements imprévisibles (intempéries…) vont maintenir les prix élevés. D’ici un an ou deux, le marché du zinc pourrait aussi se retrouver en déficit de production; achetez Nyrstar, qui vient de conclure un accord avantageux pour dénouer ses liens avec le suisse Glencore. Enfin, l’or physique reste une diversification intéressante (pièces, lingots ou trackers) et les plus audacieux peuvent tenter le pari des mines d’or.

 

La Chine décide

La Chine, devenue le plus important acheteur de minerais et de métaux industriels, a généré le boom du secteur. Quels que soient les stocks, la production ou le potentiel de chaque produit, c’est la demande chinoise qui fait le prix. Et aujourd’hui, c’est donc le ralentissement de la croissance chinoise qui inquiète. L’indice S&P GSCI (24 produits de base) a perdu plus de 2 % après l’annonce d’une croissance chinoise inférieure aux attentes. Mais, globalement, le prix des matières premières reste nettement plus élevé que lors du creux de 2009 et sans commune mesure avec la faiblesse d’avant le boom chinois. Même si l’économie chinoise ralentit quelque peu, elle enregistre toujours une croissance de 7,7 % et continuera de progresser.

 

L’or : un cas particulier

L’or a connu mi-avril une chute spectaculaire (200 USD l’once en deux séances). En cause : les rumeurs de ventes par des banques centrales, la perspective d’un revirement de la politique monétaire américaine, la recherche de placements plus prometteurs. Placement refuge en période de turbulences et d’inflation, le métal jaune perd de son attractivité quand l’économie se redynamise et que l’inflation diminue.

 

Baisses exagérées

Nous ne croyons pas à un effondrement de la demande de matières premières et maintenons nos prévisions, déjà prudentes. Les récentes baisses s’apparentent à des mouvements de panique et sont exagérées. Mais nous évitons tout de même toute une série d’actifs (matières agricoles, aluminium,…) vu les risques élevés de voir reculer les prix (sous l’impact de facteurs climatiques, de possibilités de substitution…).

Partagez cet article