Analyse
Austérité : l’Europe a-t-elle le choix ? il y a 4 ans - jeudi 2 mai 2013

L’assainissement des finances publiques par la voie de l’austérité a constitué la priorité de l’Europe depuis le début de la crise. Sans grands résultats hélas. Mais l’Europe a-t-elle le choix ?

Un vrai leadership européen et une politique économique commune font toujours défaut. Les chances de voir l’Europe sortir rapidement de la récession sont minces. Nous vous proposons dès lors des portefeuilles largement investis en dehors de la zone euro (25 % aux USA dans notre portefeuille de base).
Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas des actions européennes intéressantes. Beaucoup de sociétés cherchent des relais de croissance en dehors de nos frontières:
Deutsche Post (très présent dans les pays émergents grâce à DHL), Delhaize (a réalisé en 2012 64 % de son chiffre d’affaires et près de 88 % de ses bénéfices aux USA), Aegon (dont le premier marché sont les USA).

 

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose

Depuis 2009, l’austérité est la priorité de l’Europe. Les dirigeants ont mis l’assainissement des finances publiques avant tout le reste en réduisant les dépenses et en augmentant les impôts. Mais si les résultats ont d’abord été bons (recul du déficit budgétaire de 6,4 à 4,2 % du PIB européen de 2009 à 2011), les progrès sont de plus en plus difficiles à réaliser. Bien sûr, le déficit budgétaire en 2012 est retombé à 3,7 % du PIB, mais cette amélioration est surtout à mettre à l'actif de pays déjà en forme, comme l’Allemagne. Dans les pays les plus touchés par la crise (Espagne, Grèce, Portugal), les déficits se sont accentués, tout comme d’ailleurs au Danemark, en Finlande ou en République tchèque.

 

De plus en plus d’observateurs critiquent la méthode de l’Europe. Bien sûr, il ne peut y avoir d'économie saine sans comptes publics sains. Mais vouloir assainir les comptes dans une conjoncture difficile s’avère douloureux. A tel point que le FMI demande à l’Europe de ralentir le rythme !

Marge de manœuvre

La dette publique de la zone euro est certes importante, mais elle est inférieure à celle des USA et du Japon. Et avec un déficit budgétaire de 3,7 % du PIB, la zone euro affiche des comptes plus sains que ces deux pays (déficits de respectivement 8,5 et 10,2 %). L’Europe bénéficie donc d’une marge de manœuvre plus élevée, mais manque de moyens pour l’utiliser, faute de politique commune. Quant à la BCE, elle est beaucoup moins encline à soutenir l’économie réelle que ses consœurs américaine et japonaise. Enfin, même les pays où la situation budgétaire est meilleure (Allemagne) mettent encore l’accent sur l’assainissement.

 

Résultat : alors que les USA et le Japon devraient atteindre une croissance de respectivement 2,2 et 1 % cette année et affichent un taux de chômage de 7,6 et 4,3 %, la zone euro terminera l’année dans le rouge (- 0,2 %) avec un taux de chômage record de 12 % !

Et en Belgique ?

 

Partagez cet article