Analyse
La Russie est à la croisée des chemins il y a 4 ans - mercredi 8 mai 2013

L’essor économique de la Russie est à l’arrêt depuis la fin de la flambée des prix pétroliers et la paix sociale est menacée. Faut-il encore y investir ?

Nous conseillons des actions russes pour le long terme et uniquement si on n’a pas peur du risque (5 % de notre portefeuille dynamique à 20 ans). 

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Fin d'un modèle

Entre 2000 et 2011, grâce à une hausse annuelle moyenne du cours du pétrole de 20 %, la Russie a connu un incroyable essor. Avec l’explosion des recettes fiscales, les autorités ont pu redistribuer cette richesse aux laissés-pour-compte de ce boom (retraités, fonctionnaires). De quoi faciliter l’équilibre social et économique et calmer les velléités de démocratie et de justice de la population. Mais cette rente énergétique a favorisé l’immobilisme économique. Aujourd’hui, la Russie est démunie face à la fin du boom.

 

Economie à la peine

Le calendrier électoral et l’élection présidentielle ont dicté la poursuite de la généreuse politique budgétaire. Mais dès le retour de Poutine, la réalité s’est imposée. Sans le soutien budgétaire, la croissance a ralenti. Le PIB n’a augmenté que de 3,4 % en 2012 contre un objectif de 5 % promis par Poutine et plus de 8 % pendant les belles années. Et avec une croissance retombée à 0,9 % début 2013, l’année en cours ne s’annonce guère plus florissante. Les dernières prévisions annoncent 2,4 % seulement. Il est vrai qu’avec un baril de pétrole qui stagne aux alentours de 100 USD, les marges budgétaires n’autorisent plus les mêmes largesses. Et toute déception du côté des recettes fiscales devra être corrigée au niveau des dépenses pour éviter un dérapage, à tel point que l'idée de limiter la hausse des retraites à 2 % au lieu des 5 % prévus est déjà envisagée. Et même si la politique monétaire sera assouplie malgré une inflation élevée (7,3 % en février), il en faudra plus pour relancer la modernisation de l’économie.

 

Urgence des réformes

Les autorités semblent avoir pris conscience des vrais besoins. Plutôt qu’un nouveau plan de relance axé sur les grands chantiers et la stimulation de la consommation, elles préparent des mesures pour favoriser l’investissement privé, grand point faible de l’économie russe. Un meilleur environnement pour les affaires permettra d’encourager les investissements, mais aussi d’obtenir des gains de productivité et de diversifier une économie trop dépendante du secteur énergétique. Cette évolution a des chances d’être adoptée, mais il faudra encore du temps avant qu’elle ne se concrétise sur le terrain.

 

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