Analyse
Plongeon des matières premières agricoles il y a 4 ans - mardi 28 mai 2013

Le cours des matières agricoles ou soft commodities a plongé ces derniers temps. Café, sucre, coton et cacao ont mordu la poussière. Nous vous aidons à y voir plus clair.

Il existe des ETF et produits dérivés qui permettent d'investir dans les matières agricoles mais nous ne les conseillons pas. Estimer l'évolution de ces matières premières est selon nous trop difficile. Le cours dépend de trop nombreux facteurs sur lesquels nous n'avons aucune prise, comme la météo. Ces marchés devraient n’être destinés qu'aux producteurs de ces matières premières, aux maisons de négoce et aux (grands) consommateurs (Kraft Foods…).

 

Les matières premières agricoles n'étaient-elles pas très prisées par les marchés ?

Cela était vrai jusqu'il y a deux ans et le cours des matières premières agricoles s'était alors envolé. La hausse de la demande liée à la croissance sur les marchés émergents, associée à une stabilisation, voire une légère baisse de l'offre, contribuait à une hausse structurelle des prix que même la crise financière ne semblait pas pouvoir arrêter. Résultat : plusieurs matières premières comme le café, le sucre, le coton, les céréales et le cacao, ont atteint des records historiques ou vu leur cours toucher leur niveau le plus élevé depuis des années. Au point même de devenir pratiquement impayables dans certains pays.

 

Petit à petit toutefois, l'euphorie est retombée et les cours ont commencé à s'effriter pour littéralement s'effondrer aujourd'hui. A titre d'exemple, le sucre, le café et le coton ont perdu plus de la moitié de leur valeur, alors que le cacao a cédé quelque 40 %.

 

Quelles sont les raisons de la baisse des cours ?

Tout d'abord, la hausse des cours a attiré de très nombreux agriculteurs et cultivateurs qui, maintenant que les cours sont à la baisse, éprouvent les pires difficultés à adapter leur production à des prix inférieurs. Difficile en effet de faire marche arrière d'un simple claquement de doigts, dans la mesure où les cultures sont censées produire plusieurs années. Ajoutez-y que peu de récoltes ont été dévastées par les maladies ou le mauvais temps et vous obtenez des récoltes records et donc aussi des réserves très importantes.

 

De plus, la demande des pays émergents, où la croissance économique est moindre, augmente moins qu'avant.

 

En conclusion, toute inversion dans l'évolution des cours est exclue tant qu'il ne sera pas nécessaire de puiser dans les réserves.

 

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