Analyse
Brésil : la fin des réjouissances il y a 4 ans - mardi 25 juin 2013

Le Brésil cherche à relancer son économie, sans trop de succès. Le peuple est dans la rue et les investisseurs se ruent vers la sortie. Faut-il les suivre ?

La croissance du Brésil a été décevante en 2012 (0,9 %) et au premier trimestre 2013 (1,9 %). Faut-il quitter le pays ? Pas forcément, mais le risque est élevé.
– Evitez les obligations (risque de baisse du rating, taux en hausse aux USA).
– La Bourse, axée sur les matières premières et manquant de secteurs défensifs, est très sensible à la conjoncture, mais garde du potentiel; si vous avez un profil dynamique, consacrez-y 5 % de votre portefeuille :

 

> au travers des actions : 

. Santander Brasil (la banque souffre du ralentissement économique mais devrait tirer profit du potentiel à long terme).
.
Telefônica Brasil (peu endetté, a les moyens d’investir dans la fibre optique et les offres combinées mobile/fixe/internet/tv).

> au travers des sicav d’actions :

. BNY Mellon Brazil Equity A EUR
.
JPMF Brazil Equity Fund A

> au travers du tracker :

. EGShares Brazil Infrastructure (US2684618299).

 

Devise

Lorsque les investisseurs, en quête de rendement, se sont précipités sur la dette brésilienne, ils ont fait monter le real. Le real a ainsi pénalisé la compétitivité du pays. Pour y remédier, le Brésil a réduit ses taux et taxé l’investissement étranger. A présent, le real est redescendu (-22 % en deux ans), le Brésil a renoncé aux taxes à l’investissement et porté son taux directeur à 8 %. Le real ne pose plus problème, mais cela n’a pas suffi pour relancer l’économie.

Exportations

Le recul de la demande extérieure est souvent pointé du doigt comme principale cause de la méforme du Brésil. Certes, la chute de la demande de matières premières est un gros manque à gagner et pèse sur la Bourse de São Paulo. Cependant, au Brésil, le poids des exportations dans le PIB reste limité. Le marché intérieur est donc aussi responsable de la morosité.

Crédit

Après des années de forte croissance liée à la consommation, le crédit aux ménages est élevé. L’inflation est aussi élevée (6,5 % en mai). Tout cela pèse sur le pouvoir d’achat. Avec de plus une éducation et un système de santé défaillants, le climat des affaires est difficile. A la veille de sa Coupe du monde de football en 2014 et des JO de Rio en 2016, le Brésil s’est donc lancé dans la mise à niveau de ses infrastructures physiques, avant de passer à une mise à niveau des institutions et de la gouvernance.

Potentiel

Le Brésil a des atouts : finances publiques assez saines, taux de chômage limité à 5,8 %, démographie favorable, réserves de matières premières. Mais après avoir dépensé sans compter, les ménages se rendent compte de leurs limites. Pour concrétiser son potentiel, le Brésil devra produire mieux, investir plus et améliorer ses institutions.

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