Analyse
Hausse des taux à dix ans aux Etats-Unis il y a 4 ans - mardi 18 juin 2013

Les investisseurs réclament des rendements plus élevés.

Mauvaise nouvelle pour ceux qui ont placé en dette américaine car ils voient le prix de leurs obligations s’orienter à la baisse. Restez à l’écart.
Par contre, l’économie américaine retrouve le sourire et le rendement espéré de la Bourse américaine est supérieur à celui qu’on attend des Bourses européennes.
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Taux US

Aux Etats-Unis, les ventes de détail ont grimpé de 0,6 % entre avril et mai, et de 4,3 % sur un an. Avec l’amélioration progressive du marché du travail, la reprise de l’immobilier et des taux qui restent bas, les Américains dépensent davantage. La consommation redevient le principal moteur du pays. Néanmoins, nous ne nous attendons pas à ce que les USA retrouvent de manière durable les taux de croissance du passé, d’autant plus que pour parvenir aux taux actuels, il a fallu faire appel à des politiques peu orthodoxes qui prendront fin dès qu’une certaine normalité reviendra.

Face à la perspective de voir la Réserve fédérale acheter progressivement moins de dette, les investisseurs réclament dès lors des rendements plus élevés. Pour la première fois depuis un an, le taux d’intérêt à dix ans dépasse les 2,2 %. Cette hausse semble logique au regard des fondamentaux des USA : en 2012, la dette publique dépassait les 106 % du PIB, le déficit budgétaire était de 7 % et la balance courante reste dans le rouge (déficit de 1,9 %).

Krach ?

Ces prochains mois, les marchés (obligations et actions) resteront volatils mais un krach nous semble peu probable. Pour éviter un krach obligataire que pourrait déclencher un relèvement rapide des taux, la Fed continuera de distiller son message de changement de politique monétaire pour permettre aux marchés de s’adapter progressivement. Autre facteur de soutien, la poursuite du mouvement de redressement progressif de l’économie mondiale.

Conséquences pour l’euro

Coincée dans une économie en récession, la BCE n’a pas de marge pour relever ses taux les mois à venir. Ils pourraient même encore baisser. L’écart entre les taux aux USA et en Europe va donc s’accroître, permettant au dollar de s’apprécier face à l’euro. La hausse pourrait s’accélérer lorsque la Fed sera plus précise sur les modalités de changement de politique monétaire.

Conséquences pour les pays émergents

Le monde émergent est aussi contraint d’offrir des taux plus élevés. Car face à l’augmentation du taux américain, les investisseurs rapatrient leurs avoirs aux USA et délaissent les pays émergents, plus risqués. Pour les pays qui dépendent fort du financement étranger, cela éveille des craintes. La Turquie et l’Afrique du Sud ont vu leur devise chuter et la roupie indienne est au plus bas depuis plusieurs années. La poursuite de la remontée des taux américains étant prévisible, les soucis pour les plus exposés des pays émergents pourraient se prolonger.

 

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