Analyse
Indice Baltic Dry : un baromètre clé ? il y a 4 ans - jeudi 20 juin 2013

L'indice Baltic Dry, principal indice au monde du transport maritime de vrac sec (minerai de fer, charbon, céréales…) sert aussi à mesurer la santé de l'économie mondiale.

Dans de nombreux endroits du monde, l’économie est en phase de ralentissement. Cela se reflète-t-il aussi dans l'indice Baltic Dry, vu que le vrac sec est le premier maillon du processus économique et est utilisé dans des secteurs sensibles à la conjoncture (construction, infrastructures…) ?

 

L'indice ces dernières années

En mai 2008, alors que l'économie mondiale tournait à plein régime, l'indice flirtait avec les 11 800 points. Mais lorsque la crise a éclaté et que l'économie est tombée à l'arrêt, il est retombé brutalement à 663 points, son niveau le plus faible depuis 1986. Il est parvenu par la suite à rebondir au-delà de 4 000 points en 2009 et 2010, avant de replonger à 1 000 points en février 2011, quand les inondations en Australie, grand exportateur de minerai de fer, ont paralysé les transports. Depuis, le Baltic Dry n'a plus affiché le moindre rebond et est même retombé à 825 points il y a peu, soit à peine un peu plus que le plancher de fin 2008.

Pourquoi une telle faiblesse ?

Tout d'abord, l'économie chinoise ralentit, ce qui réduit la demande pour le minerai de fer. L'Inde tourne elle aussi à un régime moins élevé, ce qui réduit les besoins d'importation de charbon. Ensuite, l'offre de navires reste excédentaire. La flotte mondiale a encore augmenté de 10,5 % en 2012, malgré un nombre record de navires envoyés à la casse (6 % de la flotte en 2012). La flotte augmente toujours du fait de la livraison de bateaux commandés durant les années fastes de 2007 et 2008 (toutefois cela fait deux années d'affilée que le pourcentage de hausse diminue). En raison de ce deuxième facteur, la valeur prédictive de l'indice Baltic Dry pour la santé de l'économie mondiale a quelque peu diminué.

Faiblesse durable ?

Au vu des problèmes de croissance de la Chine et de l'Inde, aucun retournement n'est à attendre dans les prochaines semaines. De plus, la flotte devrait encore augmenter cette année. Les analystes tablent une croissance de 6 % et le carnet de commandes de bateaux encore à construire est bien rempli : 18 % de la flotte mondiale dont 63 % à livrer cette année, 27 % en 2014 et 10 % en 2015.Si la mise à la casse de bateaux peut être maintenue, la suroffre devrait commencer à diminuer à moyen terme. Point positif, la flotte ne cesse d'être rajeunie, 49 % des bateaux ayant moins de 5 ans. Une hausse de l'indice n'est donc pas à exclure si l'économie mondiale devait repartir à la hausse durant l'automne.

 

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