Analyse
La Turquie augmente un taux directeur il y a 4 ans - jeudi 25 juillet 2013

Emeutes, hausse des taux américains, craintes concernant les marchés émergents : tout cela a pesé sur le marché turc et sa devise et incité la banque centrale à relever un taux directeur pour la première fois en deux ans.

Si les taux obligataires turcs sont élevés, l’inflation l’est tout autant, la devise est surévaluée et le pays ne parvient pas à attirer les investisseurs étrangers. Restez à l’écart des obligations turques.
La Bourse d’Istanbul est à un niveau proche de celui de début 2013, elle est très volatile et très chère. A éviter aussi.
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La livre turque a touché son plancher face au dollar et à l’euro depuis 2011 (2,5TRYL pour 1 EUR). Cela inquiète les autorités qui ne parviennent déjà pas à contrôler l’inflation (8,3 % en juin). La poursuite de l’affaiblissement de la devise allié à l’appétit du consommateur turc pour les produits importés ne devrait rien arranger. La banque centrale est dès lors d’abord intervenue sur les marchés, en dépensant l’équivalent de 5 milliards d’euros pour soutenir sa devise, mais en vain. Les investisseurs étrangers se sont rués vers la sortie. Aussi, elle relève à présent son taux de financement à un jour (qui passe de 6,5 à 7,25 %). De quoi stabiliser la devise ? Probablement pas. Car la dépendance de la Turquie aux capitaux étrangers ne peut être changée du jour au lendemain, compte tenu des gros déficits de la balance courante et du fait que l’épargne est insuffisante pour financer l’investissement. Et malgré sa chute de 12 % sur un an, la livre reste chère face à l’euro. Enfin, les tensions sociales restent présentes et il ne faudrait pas grand-chose pour que la population descende dans la rue.

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