Analyse
Pays émergents au cœur de la tourmente il y a 4 ans - mardi 16 juillet 2013

Depuis les premiers signes de hausse des taux par la Federal Reserve, les investisseurs se ruent sur les Etats-Unis aux dépens des pays émergents.

EGYPTE

L’ETF Market Vectors Egypt Index devrait encore profiter de la stabilisation prévisible du pays. CONSERVEZ.
Si la chute de Moubarak avait fait espérer un renouveau, la gestion qui a suivi n’a pas mis les investisseurs en confiance. Le président Morsi ne rassurait pas les partenaires étrangers. Le FMI a estimé manquer de garanties pour accorder un prêt. Avec le vide de pouvoir et une économie au ralenti, les recettes fiscales sont tombées de 27 % du PIB en 2009 à moins de 20 % en 2011 et 2012; les déficits budgétaires dépassent les 10 % en moyenne depuis 2011. La dette publique devrait dépasser les 90 % du PIB cette année. Les investisseurs se tournent vers d’autres cieux et les rentrées liées au tourisme ont plongé. Les réserves de change disparaissent. L’Egypte a du mal à payer des combustibles ou du blé !
Malgré cela, l’économie a continué à croître d’environ 2 % par an grâce à la demande privée. Un retour à la stabilité et un climat susceptible d’attirer investisseurs et touristes devraient permettre de doubler la croissance.

 

TURQUIE

Malgré une chute de 8 % depuis le début de l'année, la Bourse d’Istanbul reste très chère. Restez à l’écart.
La remontée des taux américains a recentré l’attention des investisseurs sur les pays trop dépendants du financement étranger. A près de 10 % du PIB en 2011, le déficit de la balance courante faisait penser à la Grèce ou l’Espagne. Il était certes retombé à 6 % "seulement" du PIB en 2012, mais dans le même temps, la croissance était aussi passée de 8,8 à 2,2 %. Le pays semble incapable de croître sans réel apport étranger. Pire, ce déficit est financé en grande partie par des capitaux étrangers à court terme, susceptibles de quitter le pays au moindre problème. La Turquie ne manque pas de potentiel, mais sa devise est surévaluée par rapport à l’euro, ce qui pèse sur la compétitivité de ses entreprises.

 

BRÉSIL

Après une chute de 28 %, le marché brésilien redevient bon marché, mais au vu des faibles perspectives et d'un risque supérieur à la moyenne, mieux vaut limiter son poids en portefeuille à 5 %.
Achetez
BNY Mellon Brazil Equity A EUR, JPMF Brazil Equity Fund A ou le tracker EGShares Brazil Infrastructure coté à New York, ou encore les actions Telefônica Brasil (bon marché même si les autorités pourraient imposer une baisse des tarifs aux opérateurs télécoms) et Santander Brasil (qui a souffert du ralentissement de l’économie et reste intéressante à long terme).
Consommation des ménages et exportations de matières premières ont été les moteurs de l’économie. Mais avec la baisse des prix des matières premières, le pays a perçu ses limites. Sa croissance ne dépassera pas 2,5 % cette année. Son potentiel reste néanmoins immense et une amélioration du climat des affaires, des investissements en infrastructures et la libéralisation des marchés du travail, des services ou des marchandises devraient l'aider à s’installer durablement parmi les géants de l’économie mondiale.

Partagez cet article