Analyse
Industrie américaine en plein renouveau il y a 4 ans - lundi 26 août 2013

Est-elle sur le point de redevenir un moteur de l’économie ? Les actions américaines restent-elles incontournables ?

Avec la baisse des prix de l’énergie, qui offre une nouvelle compétitivité, l’industrie américaine est sur le point de redevenir un moteur. Et le billet vert devrait reprendre des couleurs. Les actions américaines restent incontournables. Leur poids dans nos portefeuilles varie de 15 % (défensif) à 20 % (neutre) et à 30 % (dynamique). Vous pouvez y investir via le tracker iShares S&P 500 (CAP) ou des sicav d’actions.
Plusieurs actions individuelles devraient aussi en profiter.

 

Retour des hydrocarbures

Un retour aux taux de croissance d’avant la crise dans les pays industrialisés n’était à prévoir qu’en cas de saut technologique. Les biotechnologies et les énergies renouvelables étaient pressenties pour un tel résultat. Mais c’est la bonne vieille industrie qui fait son comeback ! Pour faire face aux bas salaires en Asie et à la concurrence européenne, il lui fallait un atout majeur. Elle l’a trouvé grâce à une forte chute des prix de l’énergie, due aux nouvelles techniques d’extraction du gaz de schiste. Pour le moins polémiques, elles permettront aux USA de devenir le premier producteur mondial de gaz d’ici 2015.

Boom annoncé

En 2008, le gaz coûtait 12 USD aux USA. Aujourd’hui, il y a plongé à moins de 4 USD. En Europe, il est de ±12 USD. Un tel écart offre un avantage compétitif par rapport à l’Europe. Il n’est pas le seul : lois du travail plus permissives, coût du travail réduit et réglementations environnementales moins contraignantes favorisent aussi la compétitivité. Ce n’est donc pas une surprise si les entreprises américaines en profitent pour développer leurs capacités de production. D’autres, comme Apple, en profitent pour rapatrier des unités de production (les coûts baissent aux USA et augmentent en Chine). Des européennes, comme BASF, BMW ou Volkswagen installent des unités aux USA pour rester compétitives. Cette vague d’investissements devrait avoir un impact sur la création d’emplois et l’économie.

Soucis en vue pour l’Europe ?

Pour l’instant, ce sont surtout les industries énergivores qui sont tentées de s’installer aux USA. Certes, lorsque de gros acteurs délocalisent, fournisseurs et clients ont tendance à suivre. Toutefois, pour une grande partie de l’industrie européenne, l’énergie n’est qu’une infime partie des coûts. Une réglementation moins contraignante ou un accès aisé au crédit est tout aussi important qu’un recul des prix de l’énergie. Ces industries préféreront sans doute rester en Europe, d’autant qu’avec le début des exportations de gaz par les USA, l’écart de prix entre les deux continents risque de se réduire.

Avenir prometteur

Le gaz devrait aussi permettre aux USA de rééquilibrer la balance commerciale. En 2012, les USA ont importé pour 415 milliards de dollars de produits pétroliers alors que le déficit commercial a été de 540 milliards de dollars. L’autosuffisance énergétique, à laquelle le pays devrait parvenir avant la fin de la décennie, et la hausse prévue des exportations, devraient permettre d’éradiquer les déficits commerciaux et de réduire la faiblesse du dollar. En outre, des rentrées fiscales accrues contribueront à réduire les déficits.

 

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