Analyse
Australie : croissance solide, mais devise en petite forme il y a 4 ans - jeudi 5 septembre 2013

Après 2,5 % au 1er trimestre, l’économie australienne a affiché une croissance de 2,6 % sur base annuelle au deuxième. La croissance est donc bien là, ce qui n’a pas empêché le dollar australien de perdre 13 % en six mois. Est-ce le moment de réaliser de bonnes affaires ?

Restez à l’écart des actifs financiers australiens, actions comme obligations. Non pas parce que les perspectives du pays sont mauvaises, mais parce que leur cours, dopé par un dollar australien encore surévalué, nous semble encore trop cher.

Les taux directeurs ne devraient plus baisser

L’Australie n’a plus connu de récession depuis plus de deux décennies et les bons chiffres de croissance qui viennent d’être publiés éloignent encore un peu plus cette éventualité. Mais la banque centrale australienne, inquiète de l’impact que le ralentissement asiatique pourrait avoir sur son économie (l’Asie et la Chine en particulier sont de gros importateurs des matières premières que l’Australie exporte en abondance), a réduit ses taux directeurs à six reprises déjà depuis début 2012, pour les établir à 2,5 % seulement, un plus bas historique. Une spirale baissière qui est sans doute terminée à présent.

Elections

Alors qu’un changement de majorité semble se dessiner à la suite des élections législatives prévues ce 7 septembre, les mesures que prendra le gouvernement sont elles plus difficiles à prévoir. Le parti conservateur, actuellement dans l’opposition, entend bien maintenir la prudence fiscale qui fait de l’Australie un des rares pays à disposer encore d’un triple A. Par contre, le parti travailliste, encore au pouvoir, n’exclut pas de revenir à l’équilibre de manière plus graduelle, histoire de continuer à soutenir une économie en pleine transition.

Transition

Face au ralentissement du secteur des ressources naturelles, les autres secteurs de l’économie doivent en effet prendre la relève. La chute du dollar australien devrait les aider à retrouver un peu de leur compétitivité perdue, mais la devise reste malgré tout encore chère. Des turbulences ne sont donc pas à écarter dans les trimestres à venir, même si avec une dette publique inférieure à 34 % du PIB, un déficit budgétaire attendu aux alentours de 2 % du PIB pour l’année en cours et un système financier sain, le pays dispose d’atouts majeurs pour y faire face.

 

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