Analyse
La Fed a-t-elle eu peur de faire marche arrière ? il y a 3 ans - mercredi 25 septembre 2013

Cinq ans après les débuts de la crise de 2008, les marchés s’attendaient à ce que la Réserve fédérale américaine réduise ses injections de liquidités. Il n’en a rien été.

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Communication défaillante

Pour faire face à la crise, la Réserve fédérale américaine a ramené son taux directeur dans une fourchette de 0 à 0,25 %. Elle a aussi acheté massivement des obligations hypothécaires et de la dette publique, pour maintenir les taux à long terme à un niveau plancher. Mais après avoir laissé croire que le montant alloué à ces achats massifs serait réduit en septembre, elle n’a finalement rien fait. Car tout ajustement aurait de lourdes conséquences. La Fed, qui détient près du quart de la dette publique américaine, est devenue incontournable dans le financement hypothécaire et toute réduction de ses interventions se répercute dès lors inévitablement sur les taux. Et c’est ainsi que depuis les premières rumeurs de normalisation, les taux américains ont augmenté, ce qui a touché l’ensemble de la finance mondiale. Les investisseurs ont parfois procédé à d’importants changements et la première victime sont les pays émergents les plus fragiles. Quant aux pays développés, ils ont vu leurs taux suivre la courbe ascendante.

Cercle vicieux

La Fed justifie son statu quo par la fragilité de l’économie et les prévisions de croissance 2013 et 2014, revues à la baisse. Mais l’annonce du début de normalisation a fait grimper les taux, ce qui pèse à son tour sur l’économie. Comment en sortir ? Chaque mois le bilan de la Fed et son importance dans les marchés obligataires augmentent. Devenus accros à l’argent facile, les marchés redoutent un sevrage. Alors qu’il avait été annoncé que les injections cesseraient lorsque le chômage aurait atteint 7 %, la Fed estime à présent que le chômage (à 7,3 %) ne reflète pas la réalité du marché du travail. Et une hausse du taux directeur n’est plus certaine, même avec un chômage sous 6,5 %. La fin des achats de la Fed n’est dès lors pas attendue avant fin 2014 et une première hausse du loyer de l’argent pas avant le second semestre 2015.

A court terme, le statu quo est positif. En témoigne l’envolée boursière mondiale aussitôt après son annonce.
A moyen terme, il renforce les incertitudes.
A long terme, alors que les effets bénéfiques de la politique accommodante font toujours débat, les conséquences possibles, e.a. inflationnistes, inquiètent.

 

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