Analyse
L’Allemagne : un roc inébranlable ? il y a 4 ans - mardi 10 septembre 2013

Au contraire du reste de la zone euro, l’Allemagne n’est pas retombée en crise ces derniers trimestres. Le pays est la locomotive de l’Europe. Faut-il y investir ?

Ces prochaines années, la croissance allemande devrait toutefois dépasser à peine 1 %. Cette faible croissance limite les opportunités d’investissement.
Avec une Bourse correctement évaluée après deux années de fortes hausses, aucune action allemande n’est actuellement à l’achat.
Au niveau obligataire, si la solidité des titres publics allemands ne fait aucun doute, les rendements offerts sont nettement trop faibles pour y souscrire.

 

Une économie solide…

Premier atout : la saine gestion des finances publiques allemandes. Avec une dette publique stabilisée autour de 80 % du PIB et le retour d’un léger excédent budgétaire (+0,2 %) en 2012, l’Allemagne ne doit mener aucune politique budgétaire restrictive qui pénaliserait son activité économique.

 

Le positionnement de son industrie, axé sur des biens où elle est souvent incontournable, est un autre atout. Cela lui permet de maintenir ses parts de marché internationales malgré la force de l’euro et des salaires plus élevés que dans les pays émergents. Du coup, les entreprises allemandes maintiennent des marges bénéficiaires élevées et ont les moyens d’entretenir l’excellence de leurs produits.

 

Enfin, le fonctionnement du marché du travail permet aux entreprises de s’adapter en période de crise et aux travailleurs de profiter des années de prospérité.

 

… mais quelques faiblesses

Positionnées prioritairement dans les biens intermédiaires et l’automobile, les entreprises allemandes souffriront de la faiblesse mondiale de l’investissement productif des entreprises.

 

Par ailleurs, ayant rapidement sorti l’Allemagne de l’ornière conjoncturelle en 2009, le positionnement allemand dans les pays émergents peut devenir une faiblesse si le ralentissement se prolonge dans ces économies.

 

Sur le marché du travail, si les actifs dans l’industrie profitent de la bonne santé du secteur avec des salaires élevés, ce n’est pas le cas dans les autres secteurs, où les travailleurs peu qualifiés doivent composer avec de très faibles salaires. Au final, l’Allemagne affiche le paradoxe d’avoir un taux de chômage très faible, mais une consommation domestique décevante. L’économie avance essentiellement sur une seule jambe, les exportations.

 

L’abandon du nucléaire et le développement rapide des énergies renouvelables poussent le prix de l’électricité à la hausse. Cette évolution pénalisera d’autant plus l’industrie allemande que, dans le même temps, leurs concurrents américains bénéficient d’une électricité à moitié prix.

 

Enfin, alors que les pays européens absorbent 69 % des exportations germaniques, la faible croissance attendue sur le Vieux Continent pénalisera inévitablement l’Allemagne.

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