Analyse
Inde : des indicateurs qui font peur… il y a 4 ans - jeudi 3 octobre 2013

L’Inde est certes un placement risqué. Mais n’est-il pas prometteur à long terme ?

Cet été, l’Inde a vu sa devise plonger et ses taux monter en flèche. Une situation qu’elle risque de revivre si elle ne profite pas de l’accalmie pour mener à bien des réformes. Mais le pays mérite une petite place dans un portefeuille neutre ou dynamique (5 %), par le biais d’une sicav d’actions
Du côté des obligations, les taux à 10 ans (8,8 %) étant inférieurs à l’inflation (9,5 %), nous attendons que cette dernière soit sous contrôle avant d’envisager un placement.

 

Indicateurs qui déchantent

En 2010, l'Inde affichait une croissance de 10 % et se posait en adversaire n°1 de la Chine. Aujourd'hui, elle peine toujours à se montrer compétitive et reste dépendante des capitaux étrangers. Les déficits budgétaires de l’ordre de 5 % par an se succèdent, la dette publique reste une des plus élevées du monde émergent (67 % du PIB), l’inflation atteint 9,5 % et la croissance s’est limitée à 4,4 % au deuxième trimestre. Enfin, le pays traverse une période d’instabilité politique, en attendant les élections de 2014. Ces facteurs ont alerté les marchés. Et quand les taux américains sont repartis à la hausse cet été, de nombreux investisseurs ont rapatrié leur argent aux USA.

Roupie en détresse

En août, la roupie a perdu 9 % face à l’euro et au dollar. Pour la soutenir, l’Inde a multiplié les mesures : obligation pour les entreprises exportatrices de convertir leurs revenus en devise locale, relèvement des taxes sur les importations d’or, limites aux sorties de capitaux. Mais cela n’a fait qu'aggraver la situation. Bien sûr, dans un pays qui peine à contrôler l’inflation, toute baisse de la devise risque de se traduire par une forte hausse du prix des produits importés. Mais le problème de l’inflation en Inde est structurel : les infrastructures sont dépassées, les réglementations sont différentes entre les divers Etats, la corruption fait rage, les acteurs locaux manquent de compétitivité et les acteurs étrangers souffrent de freins à l’entrée.

Banque centrale

Face aux incapacités politiques, tous les espoirs reposent sur la banque centrale. Mais après trois baisses de taux au premier semestre pour stimuler l’activité, le 20/09, elle a relevé ses taux pour rendre la dette indienne et la roupie plus attrayantes. Une hausse du loyer de l’argent qui induira un recul de la demande, lequel pèsera sur la croissance.

Immense potentiel

A l'heure où les salaires chinois augmentent, l’Inde, avec sa main-d’œuvre bon marché, est bien placée pour devenir l’atelier du monde. Le projet de mise à niveau des infrastructures devrait créer des emplois et de la croissance. Et la construction de logements pour remplacer les bidonvilles devrait soutenir l’activité. Mais pour cela, il faut que le pays s’ouvre au secteur privé et aux investissements étrangers. Cela risque de prendre du temps…

 

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