Analyse
L’Italie résiste à l’instabilité : une raison d’y investir ? il y a 3 ans - mercredi 16 octobre 2013

Malgré la forte instabilité politique et la menace de baisses de rating du pays les obligations d’Etat italiennes ont à peine bronché et la Bourse de Milan flambe.

Le discours musclé de Draghi et l’aide de la BCE n’y sont pas étrangers. Mais la croissance restera faible. Restez à l’écart des actifs italiens. Seule l’action Enel est conseillée à l’achat. Le groupe a dégagé un bon résultat trimestriel (malgré un contexte difficile), il poursuit son désendettement et ses objectifs de long terme sont crédibles.

 

Réformes

Lorsque la survie du gouvernement italien a été menacée, la baisse du rating du pays a été évoquée. Une perspective qui aurait dû provoquer une flambée des taux. Or, le taux à 10 ans est resté à environ 4,4 %. Le fait que la dette italienne est détenue à plus de 60 % par des investisseurs locaux y est pour beaucoup. Et de plus, depuis deux ans, le pays a mis en place des mesures pour gonfler la recette fiscale, réduire les dépenses publiques et rendre l’économie plus compétitive. Mais…

Secteur bancaire : restez à l’écart

En déclarant en juillet 2012 que la BCE ferait tout pour assurer la pérennité de l’euro et en mettant en place un programme de rachat de dette souveraine sur le marché secondaire, la BCE a offert une bouffée d’oxygène aux pays en crise, et l’Italie est celui qui en profite le plus. Les banques italiennes assurent leur financement grâce à des prêts de la BCE. Mais elles remboursent lentement. Et le taux de leurs créances douteuses a atteint 14 %. Leur sort futur dépend donc de la BCE, dont les stress tests début 2014 s’annoncent délicats.

Bourse pas bon marché

Ces prochains trimestres, la croissance du pays devrait rester faible : la perte de compétitivité subie ces dix dernières années n’est que peu résorbée et les défis sont nombreux. La Bourse de Milan, qui a gagné 17 % ces trois derniers mois, n’est pas bon marché.

 

Conservez cependant :
Eni (qui cherche à augmenter sa production d’hydrocarbures mais souffre de sa présence en Libye).
Fiat (dont la fusion avec Chrysler prend de plus en plus de retard).
Pirelli (qui tente de maigrir pour réduire sa dette mais dont les cessions étudiées tardent).
Telecom Italia (où Telefónica s’investit de plus en plus mais sans que le petit actionnaire en profite et dont les perspectives de long terme sont peu claires).

 

Obligations : restez à l’écart

Le taux de 4,4 % offert par les emprunts d’Etat italiens ne compense pas les risques liés à l’énorme dette du pays et moins encore ceux associés à la fragilité du secteur financier, qui pourrait avoir besoin de nouvelles injections de capitaux publics.

 

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