Analyse
Le dollar mérite-t-il encore son trône ? il y a 3 ans - mercredi 13 novembre 2013

Sortie de crise mondiale hésitante, inconnue monétaire, perte d’éclat du dollar : le marché des changes fluctue au gré des vents.

Les taux trop bas excluent tout investissement obligataire en dollar, mais les actions américaines (et sicav d’actions) restent intéressantes. 
L’euro reste surévalué et sa crédibilité est entamée.
Le yen japonais est manipulé par les autorités nippones et souffrira de la situation budgétaire du pays.
La livre sterling, fort orientée par la Banque d’Angleterre qui maintient les taux à des minima historiques, ne présente aucun attrait.
Les dollars australiens et néo-zélandais sont surévalués.
Le dollar canadien, la couronne norvégienne et le franc suisse sont à conserver. Ils n’offrent pas de perspectives particulières, sauf dans une optique purement défensive pour le franc suisse.
La couronne suédoise est la seule à offrir une valorisation intéressante et un attrait au niveau obligataire, via la sicav d’obligations
KBC Renta Sekarenta.

 

Devises manipulées

Reparti à la baisse ces dernières semaines face à l’euro, le billet vert a repris des couleurs. En quelques jours, la monnaie unique est retombée de près de 1,40 USD à 1,35 USD, et même à 1,33 USD après la baisse des taux directeurs européens. Depuis le début de la crise, la parité euro/dollar est passée par toutes les couleurs (sommet à 1,51 USD le 03/12/2009, plancher de 1,19 USD le 08/06/2010). Sur cinq ans, l’euro s’est à peine déprécié face au dollar. Dans la zone euro, un taux de chômage record, une récession prolongée, une crise de la dette et la quasi faillite d’un Etat membre n’ont pas fait durablement baisser la devise.
Aux USA, le dollar n’a pas profité de la reprise économique, du renouveau industriel ou des sommets boursiers. En cause, notamment, la politique de la Fed. Mais limiter la faiblesse du dollar à la seule distribution massive de billets verts par la Fed, c’est oublier que la BCE a aussi abondamment distribué les liquidités dans la zone euro. Représentant 32 % du PIB européen, le bilan de la BCE est même aujourd’hui proportionnellement supérieur à celui de la Fed (19 %).

 

La Chine veut concurrencer le dollar

Le pays qui remet le plus en cause le statut du dollar est la Chine. Les importants surplus commerciaux chinois débouchent sur un afflux de dollars dont Pékin ne sait que faire. La Chine souhaite dès lors mettre fin à la domination monétaire des USA. Pour favoriser les échanges commerciaux en monnaies nationales plutôt qu’en dollar, la BCE et la Banque populaire de Chine se sont engagées à se fournir mutuellement 350 milliards de yuans et 45 milliards d’euros. Des accords similaires ont été signés par la Chine avec l’Australie, la Corée du Sud, la Malaisie, le Brésil ou l’Angleterre. Alors que 16 % du commerce chinois sont libellés en yuan, ce chiffre devrait grimper à 30 % d’ici 2018. Parallèlement, certaines banques centrales émergentes commencent à utiliser le yuan pour diversifier leurs réserves. Depuis 2010, Hong Kong développe l’offre en yuan. Certaines sociétés sont autorisées à émettre vers l’étranger des obligations en yuan pour se financer. Tous ces efforts ont fait rentrer le yuan dans le top 10 des devises échangées, alors qu’il n’était que 35ème en 2004. L’étape décisive pour concurrencer le dollar sera la complète ouverture du marché financier chinois et la pleine convertibilité du yuan. La Chine a prévu une levée progressive du contrôle des changes dans une nouvelle zone franche de Shanghai dès le 01/01/2014. Si cet essai est transformé, l’ensemble de la Chine pourrait s’ouvrir complètement aux flux financiers et le yuan devenir une véritable devise internationale. Mais pas avant 10 ans… !

 

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