Analyse
La Russie veut relancer sa machine économique il y a 3 ans - mardi 10 décembre 2013

Est-ce suffisant pour acheter des actions russes ?

La Russie a beaucoup déçu ces dernières années : bureaucratie omniprésente, administration corrompue, appareil judiciaire au service du pouvoir politique, infrastructures obsolètes. Le pouvoir d’achat des ménages s’est certes amélioré (grâce à la manne énergétique) et la consommation a soutenu l’activité économique, mais cette dynamique s’essouffle. Tombée en récession cette année, la Russie mise à présent sur une zone économique transfrontalière. Cependant, la Bourse de Moscou, en recul depuis trois ans, reste loin de son niveau d’avant-crise et les actions n’ont plus assez de potentiel. VENDEZ vos sicav d’actions russes.

 

Récession

Le PIB a reculé de 0,3 % sur les trois premiers trimestres et la croissance économique ralentit depuis plus de deux ans (+1,2 % contre +5 % au troisième trimestre 2011 et +9,2 % début 2008). La consommation des ménages et la production énergétique sont les seuls moteurs. Les sociétés russes sont peu présentes à l’étranger et souffrent de la concurrence étrangère sur leur propre marché. Malgré les exportations de gaz et de pétrole, la contribution du commerce extérieur est négative.

 

Relancer les investissements

Les investissements, censés dynamiser l’activité en 2013, restaurer la compétitivité et améliorer les perspectives, ont été la grande déception de l’année. Les infrastructures publiques et les équipements des entreprises sont obsolètes et les investissements privés sont trop focalisés sur les centres commerciaux. Les autorités ont dès lors changé leur fusil d’épaule. La manne des hydrocarbures doit financer de grands projets d’investissements, lesquels doivent susciter un engouement auprès du secteur privé. Mais ce changement a débouché sur peu de réalisations concrètes. Les travaux ont pris tellement de retard que l’objectif semble déjà hors de portée (augmenter les investissements de 5 % du PIB et améliorer la productivité du travail de 50 % d’ici 2018).

 

Union économique eurasienne

S'il existe déjà une union douanière avec la Biélorussie et le Kazakhstan, Moscou veut aller plus loin, avec la création d'une Union économique eurasienne (le 01/01/2015). Coincée entre l’Union européenne et la Chine, la Russie entend se ménager un espace commercial préférentiel pour permettre à ses entreprises d'écouler leur production grâce à des avantages douaniers. Un accord avec l’Union européenne devait être signé mais l’Arménie a fait volte-face. Et l’importante contestation populaire de Kiev s'explique par la volonté du Président ukrainien de tourner le dos à l’Europe pour se rapprocher de la Russie.

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