Analyse
Le renouveau du Japon est-il durable ? il y a 3 ans - jeudi 26 décembre 2013

Faut-il encore investir en Bourse de Tokyo après sa belle année 2013 ?

La poursuite de la reprise économique au Japon s'est traduite par une année faste pour la Bourse de Tokyo. Les actions japonaises ont gagné près de 50 % depuis début 2013 (20 % en euro à cause de la chute du yen).Malgré cela, nous conseillons toujours des actions japonaises, à concurrence de 5 % de votre portefeuille, au travers de la sicav Aberdeen Global - Japanese Equity A2 JPY.
Mieux vaut par contre éviter les obligations en yen, surévaluées.

 

Cocktail détonant

Le gouvernement dynamise l’activité économique, tandis que les autorités monétaires, en achetant l’équivalent de 70 % de la dette publique, maintiennent les taux à des niveaux faibles. Cette création monétaire fait chuter le yen et favorise les exportations nippones.
Le PIB a augmenté au cours des trois premiers trimestres, les exportations ont progressé, les entreprises affichent des bénéfices record et l’inflation est à 1,1 %.
Mais le boom des dépenses gouvernementales débouche aussi sur un déficit supérieur à 9 %, une dette publique qui dépasse 240 % du PIB et des déficits commerciaux (la chute du yen renchérit les importations). Enfin le dynamisme semble déjà s’essouffler (croissance trimestrielle passée de 1,1 % au premier trimestre à 0,3 % seulement de juillet à septembre).

 

Les salaires, facteur-clé

C'est à présent aux investissements des entreprises et à la consommation des ménages de prendre le relais. Du côté des entreprises, même les petites se disent confiantes; la reprise se diffuse à l’ensemble de l’économie et les investissements productifs devraient enfin progresser. Quant aux consommateurs, en prévision du passage de la TVA de 5 à 8 % le 1er avril, ils vont avancer leurs gros achats et soutenir la consommation ces prochains mois. Mais ensuite, leurs dépenses dépendront de l’évolution des salaires. Or, au Japon, on adapte les rémunérations à la conjoncture. Avec la reprise, les revenus ont augmenté (primes, heures supplémentaires). L'étape suivante passera par un recul des contrats temporaires au profit de permanents et une vraie revalorisation salariale.

 

Réussir les réformes

Le plan du Japon comporte trois volets. Les deux premiers, relance budgétaire et politique monétaire accommodante, ont fait mouche. Mais pour que le succès se confirme, il faudra réussir le troisième : les changements structurels. Le Japon a relancé les négociations d’accords de libre-échange. Mais la production d’électricité à l'aide des centrales thermiques (les nucléaires sont fermées) plombe la balance commerciale (la totalité du combustible est importée). Il faut donc trouver des alternatives. La fiscalité doit aussi être repensée pour contenir la dette publique. Outre la hausse de la TVA, l’impôt des sociétés sera remis à plat.
La réforme du marché du travail sera le dernier grand chantier. Enfin, la Banque du Japon a confirmé qu’elle était prête à injecter plus de liquidités et à acheter toute la dette publique qu’il faudrait.

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