Analyse
La Grèce est de retour il y a 3 ans - mardi 14 janvier 2014

En ce début 2014, année qui doit confirmer la sortie de crise de la zone euro, c’est la Grèce qui a pris le 8 janvier la présidence tournante de l’Union européenne pour les six prochains mois.

Plus de quatre ans après le début de la crise de la dette et à quelques mois des élections européennes, ce sont les Grecs, sauvés de la faillite par l’aide internationale, qui sont appelés à faire avancer la construction européenne. Mais avec un endettement public en hausse, un chômage record et une activité économique hésitante, la zone euro reste en eaux troubles.
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Certains voient dans la présidence de la Grèce un heureux présage annonçant le renouveau grec. Ravagée après des années de récession, l’activité économique devrait enfin progresser. Le chômage est à un sommet et les Grecs peuvent espérer que le pire est passé. Les finances publiques sont sur la voie de l’équilibre. La situation reste délicate, mais les progrès sont conformes aux attentes. Après l’Irlande et le Portugal, qui ont eu aussi recours à l’aide internationale, la Grèce effectuera bientôt son grand retour sur les marchés obligataires.

 

Cette vision optimiste ne fait pas l’unanimité. Certes, les tensions ont disparu des marchés obligataires, la perception du risque a diminué et les taux sont faibles, même dans les pays les plus endettés. Le retour réussi de l’Irlande et du Portugal sur le marché de la dette traduit la confiance retrouvée des investisseurs. Et, dans ce climat, la Grèce pourrait réussir son retour obligataire. Mais cela ne signifiera nullement la fin de la crise dans la zone euro. La baisse des taux est l’arbre qui cache la forêt. Les finances publiques de la zone euro continuent de se détériorer. A 93,4 % du PIB au deuxième trimestre 2013, la dette publique de la zone euro a atteint un nouveau pic historique. A 170 % du PIB, la dette grecque reste insoutenable. Et à plus de 125 % du PIB, les dettes irlandaises et portugaises sont à la limite du supportable. Dans ce contexte, comment croire que la crise est finie ? Le moindre vent conjoncturel contraire ravivera les craintes du passé.

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