Analyse
Brésil : fuir ou se réjouir ? il y a 3 ans - mercredi 12 février 2014

Les tensions financières actuelles doivent-elle vous détourner du Brésil ?

Avec la Coupe du Monde de football, 2014 devait couronner l’essor économique du Brésil. C'était sans compter sur les difficultés économiques... Mais les tensions actuelles ne doivent pas vous détourner du Brésil. La chute du real et de la Bourse sont des opportunités. L’économie brésilienne, avec ses ressources naturelles et son grand marché intérieur, peut encore réserver de bonnes surprises.
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Ralentissement de la croissance

Si le Brésil est délaissé par les investisseurs, c'est parce que ses performances sont inférieures aux attentes : le PIB, après un net rebond au deuxième trimestre, s’est contracté au troisième trimestre. Comme en 2012, la croissance 2013 a été décevante (en net retrait par rapport aux performances enregistrées jusqu’en 2011). Le Brésil est rattrapé par des lacunes structurelles insuffisamment comblées au cours des années de prospérité.

Trop peu, trop tard

Le programme d’infrastructures n’a été lancé qu’en 2012, alors que les goulots d’étranglement sont visibles depuis longtemps. Visant à moderniser les transports et à renforcer l’offre en énergie, il démarre lentement. Malgré des financements publics à taux préférentiel et la promesse de rendements de ±7 %, il peine à attirer les investisseurs. En cause, de nombreuses tracasseries judiciaires et fiscales, ainsi qu'un environnement des affaires toujours médiocre.

Retour de l'inflation

Si les lacunes structurelles pénalisent l’activité économique, elles favorisent aussi l’inflation. A 6,59 % en mars, elle a dépassé le maximum tolérable. Les autorités ont dès lors commencé à durcir leur politique en avril en relevant le taux directeur de 7,25 % à 10,50 %.
Mais l’impact sur les prix est limité. En janvier, l’inflation était encore de 5,59 % et les anticipations semblent ancrées à 6 %, alors que l’objectif de la banque centrale est de 4,5 %.
La hausse du loyer de l’argent n’a pas non plus permis de stabiliser la devise (qui a perdu 20 % face à l’euro ces douze derniers mois), ni de stopper la fuite des capitaux. Et le renchérissement du crédit a freiné la consommation des ménages.

Rien avant les élections

Les prochains trimestres s’annoncent difficiles. L’excédent commercial a disparu avec la baisse de prix des matières premières et le déficit public se creuse. Le besoin de financement extérieur augmente, alors que les investisseurs étrangers délaissent le pays. La Coupe du monde de football risque donc plutôt de catalyser le mécontentement social. Il faudra attendre les élections d’octobre pour espérer un progrès dans les politiques économiques.
Mais la dette publique est contenue, le pays a de solides réserves et le faible taux de chômage soutiendra la consommation des ménages. Le Brésil a donc les moyens de surmonter la crise.

 

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